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Bolivie : victoire des partisans de l'autonomie régionale à Santa Cruz

Le référendum d'autonomie organisé par la région la plus riche de Bolivie, en défi au président socialiste Evo Morales, a provoqué dimanche une flambée sporadique de violences.
Les électeurs de la région de Santa Cruz ont voté dimanche par référendum à plus de 85% en faveur de son autonomie.
[07 Mai 2008]
Les partisans de M. Morales qui dénonce la volonté "séparatiste" de la province orientale de Santa Cruz, ont tenté d'empêcher par la force le déroulement du scrutin en s'emparant d'urnes et de bulletins de vote.
Le scrutin revêt un caractère très conflictuel car la région concentre la majeure partie des gisements de gaz, la principale richesse de ce pays de neuf millions d'habitants, le plus pauvre d'Amérique du Sud.

L’oligarchie contre les pauvres et les indigènes

Fer de lance de l'opposition libérale, la région de Santa Cruz, dominée par les grands propriétaires terriens, conteste la nouvelle Constitution défendue par M. Morales, qui prévoit une redistribution de la manne gazière et des terres.

Les affrontements les plus graves se sont produits dans le quartier de “Plan 3000”, banlieue pauvre de la capitale régionale Santa Cruz, où vit une forte communauté indigène qui soutient le chef de l'Etat, premier président amérindien de Bolivie.

Des urnes et des bulletins de vote ont été brûlées dans cette poche de pauvreté de 250.000 habitants, où des manifestants ont tenté en vain de prendre d'assaut un centre de vote.

Selon une source médicale, un septuagénaire qui assistait aux affrontements, est décédé asphyxié après des tirs de gaz lacrymogène.

Le référendum est marqué par la violence et nous avons des rapports faisant état de dix-huit blessés au Plan 3000 et de deux supplémentaires dans la localité de Montero", a déclaré le ministre du gouvernement Alfredo Rada au cours d'une conférence de presse au palais présidentiel à La Paz.

Dominée par l'opposition, la région de Santa Cruz avait appelé près d'un millions d'électeurs à se prononcer dimanche sur l'autonomie régionale, dans le but de gérer les ressources de cette province riche au niveau régional et non national, et de créer sa propre force de police.

"Ce référendum a été fomenté par les patrons pour nous voler nos ressources et les offrir aux multinationales étrangères", a déclaré à AFP Luis Flores, un artisan de 40 ans, qui soutient le Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti présidentiel.

Des barrages routiers ont été dressés dès l'aube pour entraver l'acheminement des urnes à San Julian et Yapacani, des poches de pauvreté de la province à une centaine de kilomètres au nord de Santa Cruz.

Des fonctionnaires électoraux y ont été reçus par des coups de poing et des urnes ont été détruites à San Julian, selon des images diffusées par la télévision locale.
En dissidence avec les autorités centrales, la Cour électorale de Santa Cruz, qui organise le scrutin, a minimisé les incidents, estimant qu'il s'agissait “d'actes isolés”.
Cette crise attise la fracture entre la population indigène des montagnes de l'Ouest et celle des plaines agricoles de l'Est, pour la plupart d'origine européenne ou métisse.
Plusieurs centaines de policiers nationaux ont été envoyés en renfort à Santa Cruz, où la sécurité des bureaux de vote était assurée par un millier d'agents municipaux désarmés.

Abstention record

Selon le quotidien El Deber, l'abstention aurait été de 25 %, plus importante que lors de précédents scrutins. Le réseau radiophonique Fides, lié à l'Eglise catholique, bien implantée dans la région des anciennes missions jésuites, évoque une abstention supérieure en zone rurale, jusqu'à 36 % à San Javier et à Concepcion.

Lors d'une conférence de presse à La Paz, dimanche soir, le président Morales a déclaré que le référendum était un "échec". "Les autorités et les dirigeants devraient dire la vérité", a-t-il lancé. A son avis, l'addition des abstentionnistes, du vote “non” et des bulletins nuls démontre que la moitié des habitants de Santa Cruz n'approuve pas l'autonomie régionale. Le chef de l'Etat a appelé les préfets des neuf départements à reprendre le dialogue avec le gouvernement.

Sources : le Point, Le Monde

La campagne Tous avec la Bolivie

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