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Canada : Les JO de Vancouver divise le monde autochtone

A l'approche des Jeux d'hiver (du 12 au 28 février à Vancouver et Whistler), des défenseurs des droits autochtones unissent leurs forces à des militants anticapitalistes et antiracistes pour dénoncer les JO. Et se font entendre. Le relais de la flamme olympique a été perturbé en décembre par des manifestations dans plusieurs villes canadiennes, dont Toronto, Montréal et Victoria, forçant l'annulation de cérémonies et des changements de trajets.
[16 Janvier 2010]
Les opposants - dont le site no2010.com sert de lieu virtuel de ralliement - promettent de poursuivre leurs actions durant les Jeux, avec pour point culminant l'événement parallèle “Convergence 2010”, organisé du 10 au 15 février à Vancouver, pour dénoncer pêle-mêle “l'invasion des sponsors, la répression policière et le colonialisme vis-à-vis des autochtones”.

Certains contestataires critiquent le fait que les compétitions auront lieu sur des terres dont les Amérindiens ont été dépossédés, arguant que leurs revendications territoriales en Colombie-Britannique n'ont pas mené comme ailleurs à des traités reconnaissant leurs droits, par exemple sur les ressources naturelles. Leur slogan “Pas de Jeux olympiques sur des terres volées aux autochtones” fait pendant à celui de “2010 logements, pas de Jeux 2010”, scandé par ceux qui s'inquiètent de la répression policière en cours pour “nettoyer” la ville de Vancouver de ses SDF avant les JO.

Les militants anticapitalistes sont aussi de la partie, au sein du mouvement “Résistance 2010”, critiquant les milliards de dollars de fonds publics investis dans la compétition et un esprit olympique plus mercantile que sportif.

La tenue des Jeux divise cependant le monde autochtone. Quatre “Premières Nations” de Colombie-Britannique (Squamish, Lil'wat, Musqueam, Tsleil-Waututh) appuient le comité d'organisation des Jeux de Vancouver, estimant que leur participation sera profitable au développement économique et au rayonnement culturel de leurs communautés. Les opposants accusent au contraire le comité d'avoir “acheté le silence de ces nations” regroupées au sein d'une “Société des quatre Premières Nations hôtes” des JO, qui a obtenu plusieurs millions de dollars de subventions, des emplois pendant les travaux d'infrastructures et la construction d'un centre culturel à Whistler.
Un “pavillon autochtone”, d'un coût de 6 millions de dollars canadiens (4 millions d'euros), a aussi été inauguré à Vancouver en décembre. “Nous vivons ici. Nous faisons partie du monde et croyons que les Jeux vont avoir des effets bénéfiques pour plusieurs générations”, s'est alors défendu le chef de la Nation Squamish, Billy Williams.

Le Monde
Anne Pélouas