ICRA vous informe...
mailing-list
Inscrivez-vous à nos mailing-list! et recevez toutes nos informations sur les peuples autochtones.

Actualités

La Chine creuse un pipeline en zone de conflit en Birmanie

Un rapport du mouvement Shwe Gas révèle les avancées inquiétantes de la Chine dans la construction d'un gazoduc et d'un oléoduc qui traverse la Birmanie, en dépit de violents conflits et de nombreuses violations des droits de l’homme liés à la construction de ce projet.
[06 Septembre 2011]
Le rapport, intitulé Sold Out (“Vendu”), expose les différentes avancées dans la construction d’un port maritime en eaux profondes, d’un terminal de gaz, et d’un point de transfert dans l'Etat d'Arakan, à l'ouest de la Birmanie, ainsi que la pose de près de 800 kilomètres de canalisations. Un gazoduc pompera les réserves de gaz de Birmanie,  et un oléoduc permettra de faire passer les réserves pétrolières du Moyen Orient et d'Afrique par la Birmanie, afin d’alimenter les besoins énergétiques de la Chine.

La China National Petroleum Corporation (Société Nationale Pétrolière de Chine) ainsi que certaines compagnies coréennes et birmanes précipitent la construction, et ce malgré l'apparition de conflits armés le long du tracé du pipeline. L'armée birmane a lancé plusieurs offensives, depuis mars 2011, à l’encontre des groupes ethniques armés dans les Etats Kachin et Shan, au nord de la Birmanie, zones riches en hydrocarbures. Selon les estimations, les combats auraient dernièrement déplacé 50 000 personnes.

Trente-trois bataillons de l’armée gouvernementale ont été déployés le long du tracé du pipeline.Des patrouilles navales ont été postées au large de la côte et un complexe de missiles se construit à proximité du port.

Les terres sont confisquées en masse pour laisser place au pipeline. Les paysans se retrouvent sans emploi, et les réserves de pêche leur sont désormais inaccessibles, ce qui contribue au déplacement croissant de personnes. La population locale se voit obligée de travailler sur le chantier du pipeline qui n'offre que des emplois risqués, précaires et faiblement rétribués. Il leur est impossible de revendiquer leurs droits sans représailles de la part de leurs employeurs. A ce jour, sur le seul site du Onshore Gas Terminal, soixante ouvriers ont été licenciés pour avoir réclamé un salaire décent.

Wong Aung, du mouvement Shwe Gas a déclaré: “Les compagnies ne tiennent pas compte des abus de plus en plus nombreux ni de l'aggravation de la guerre civile. Les investisseurs devraient se retirer maintenant avant que le projet ne leur explose à la figure.”

Une utilisation domestique du gaz naturel transformerait l'économie défaillante de la Birmane, et règlerait le déficit chronique en ressources naturelles ainsi que la hausse des prix du carburant qui a conduit aux soulèvements populaires de 2007.
Ces réserves de gaz naturel pourraient transformer l'économie de la Birmanie” a déclaré Wong Aung du Shwe Gas Movement. “Au lieu de cela, le régime vend notre futur économique à la Chine” a-t-il ajouté.
Info Birmanie

Téléchargez l'intégralité du rapport Sold Out sur www.shwe.org