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Les peuples autochtones - Qui sont-ils ?

La définition de la notion de peuple autochtone ou indigène fait l'objet de nombreux débats au sein des instances internationales concernées. Il en est de même parmi les organisations indigènes elles-mêmes. Il est vrai que l'enjeu est de taille, à l'heure d'une possible reconnaissance supranationale de leurs droits.

Malgré la diversité de leurs situations, les peuples autochtones partagent une série de caractéristiques et une expérience commune face au monde occidental : la préexistence, la non-domination, la différence culturelle, l'auto-identification en tant que peuple autochtone., la forte dépendance vis-à-vis d'écosystèmes nourriciers, une organisation basée sur le mode des sociétés pré-capitalistes.

Les communautés indigènes ont comme point commun qu'elles ne sont pas (encore) diluées dans le monde (moderne et occidental) qui les entoure. Une abondance de formes sociales subsiste à l'uniformisation du monde entraînée par la globalisation du marché et par la mondialisation des rapports sociaux.

Dans la pratique, très souvent, ces populations sont sous domination, elles ne peuvent accéder à leurs propres ressources naturelles, elles sont exploitées économiquement par les sociétés voisines et elles sont niées culturellement.

La notion de peuple autochtone peut se définir à partir de trois approches majeures, chacune ayant leurs caractères relatifs et contextuels.

L'approche structuraliste

Elle définit les peuples indigènes en fonction de leur position au sein de la structure sociale du pays dans lequel ils vivent.

Très souvent, ces populations sont sous domination, privées d'un accès libre à leurs propres ressources naturelles. Elles sont en minorité politique au sein d'Etats-nations qui ont beaucoup de mal à les reconnaître.

Elles sont exploitées économiquement par les sociétés voisines dominantes et modernisées et niées culturellement par des élites vouées à la culture dominante.

L'approche culturelle

Elle met en avant les aspects culturels des indigènes, comme par exemple la langue, les représentations et habitudes collectives, les rapports sociaux, le rapport à la nature. Les peuples indigènes se caractérisent ainsi par une forte dépendance vis-à-vis d'écosystèmes nourriciers proches. Ils utilisent de façon respectueuse et le plus souvent communautaire les ressources naturelles et développent une solidarité environnementale inter et intra-générationnelle.

Sur le plan social, les caractéristiques de l'organisation des peuples indigènes se rapprochent de celles des sociétés pré-capitalistes. On remarque ainsi des rapports de parenté dominants, un mode de transmission orale des savoirs, un droit coutumier et une pensée de type symbolique.

On note également une forte cohésion sociale où les sphères économique et politique s'insèrent dans les sphères socioculturelle, symbolique et environnementale. Le lien y prime sur le bien.

L'approche historique

Elle se fonde sur le critère d'antériorité ou sur celui du premier occupant, notion que l'on retrouve dans l'appellation peuples premiers employée par Julian Burger. Ainsi, les peuples indigènes sont l'ensemble des peuples issus des sols mêmes où leurs ascendants habitaient avant les différents processus de colonisation. Cette approche est bien difficile à utiliser? faute très souvent de connaissances historiques précises.

Sur le plan international, les choses ont progressé au cours de ces deux dernières années, notamment avec l'adoption en 1989 de la convention 169 par l'Organisation Internationale du Travail (OIT). Cette convention définit les peuples indigènes en combinant les critères historiques et culturels. Elle constitue encore aujourd'hui le texte légal de référence et sert de point d'appui à de nombreuses revendications indigènes de par le monde.

Cette convention considère comme indigènes au sein de pays indépendants, les descendants des populations qui habitaient le pays, ou une région géographique à laquelle celui-ci appartient, au moment de la conquête, de la colonisation ou de l'établissement des frontières actuelles de l'Etat et qui, indépendamment de leur statut légal, conservent certaines ou l'ensemble de leurs propres institutions sociales, économiques, culturelles et politiques.

Par extension, la convention s'applique également aux peuples tribaux dont les conditions sociales, culturelles et économiques les distinguent du reste de la communauté nationale et dont le statut est régulé totalement ou partiellement par leurs propres coutumes ou traditions. Il s'agit par exemple des peuples ayant aujourd'hui un mode de vie dit marginal comme les communautés de chasseurs-cueilleurs, les groupes nomades ou semi-nomades pratiquant l'élevage transhumant ou l'agriculture sur brûlis, les petites sociétés d'essarteurs des forêts tropicales, etc.

Cette convention constitue une réelle avancée. En effet, elle met l'accent sur la possibilité pour les peuples indigènes de s'auto-identifier et reconnaît l'existence de groupes sociaux caractérisés par des dynamiques distinctives. Malheureusement cette convention n'a pas force de loi, bien qu'elle constitue une alliée de choix pour les peuples indigènes dans leur lutte pour le respect de leurs droits.

l'ONU dans le cadre de la Décennie des Peuples Indigènes (1994-2004) reconnaîtra les droits territoriaux, sociaux, politiques et culturels de ces peuples dont l'histoire est précisément caractérisée par la violation de ces droits.

"être indien est important et spécial. Etre indien signifie que l'on est capable de comprendre et de vivre en ayant avec ce monde une relation particulière. Cela signifie vivre avec la terre, les animaux, les oiseaux et les poissons comme s'ils étaient vos frères et vos soeurs. Cela revient à dire que la terre est une vieille amie que votre père connaissait et que votre peuple connaît depuis toujours? Pour nous, Indiens, notre terre est l'essence même de notre vie.", Richard Nerysoo, Inuit