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Programme de terrain - Touareg (Mali) - reconstitution de cheptel

Contexte

Les terribles sécheresses de 1973 et 1984 ont considérablement bouleversé le mode de vie des éleveurs sahéliens. Puis, entre 1990 et 1995, la révolte des Touaregs et la sévère répression militaire ont encore aggravé la situation de milliers de familles qui ont tout perdu sur les pistes de l'exil... AKASSA intervient auprès des populations touarègues de la région de Ménaka - dans le Nord-Est du Mali - participe à la reconstitution du cheptel, à la valorisation de l'artisanat local et à l'organisation d'une structure sanitaire mobile. À ce jour, cinquante et une familles touarègues (49 en 1995 + 2 en 2000) et trois écoles expérimentales ont été soutenues par notre structure. Un programme individualisé de reconstitution du cheptel attribue à chaque famille, choisie au sein de différentes fractions, un petit troupeau de chèvres ou de brebis, un âne et une aide d'urgence. L'idée, développée avec nos amis nomades, est d'éviter le don à sens unique, de privilégier une aide participative. Ainsi, nous avons adopté la pratique traditionnelle du tiyit, un système de prêt d'animaux utilisé ici depuis fort longtemps. Il s'agit d'un prêt à plus ou moins long terme, accordé à un proche ou à un allié potentiel : le bénéficiaire jouit des sousproduits, le croît revient au propriétaire. Nous avons adapté cette coutume : les animaux sont définitivement acquis aux éleveurs sélectionnés, le remboursement se fait sur la descendance, pour renforcer une nouvelle famille à l'intérieur de la communauté. Ce projet, inspiré d'usages locaux, présente l'avantage d'inscrire l'action dans la durée. Le programme - initié en 1995-96 - est régulièrement suivi, principalement lors de deux missions d'évaluations en 1999 et 2000.

Objectifs

Aujourd'hui, le constat est le suivant : fournir aux nomades en grandes difficultés des petits ruminants, indispensables mais fragiles, ne permet pas d'assurer un retour correct à la vie pastorale. Pour préserver son troupeau, l'éleveur des terres subsahariennes doit impérativement être mobile. Et le dromadaire, ou la vache de race sahélienne azawagh, sont les animaux les mieux adaptés à la vie nomade. Selon notre analyse, dans la région de Ménaka, toutes les familles qui parviennent à bien vivre de l'élevage détiennent quelques grandes laitières, vaches ou chamelles. Il faut donc favoriser une reconstitution du cheptel qui intègre ce critère et offrir aux pasteurs déterminés une réelle possibilité d'avenir.

Responsables

Jean-Pierre Valentin et Paul Lorsignol

Partenaires

Depuis le lancement de ce programme, différents partenaires nous ont soutenu et encouragé : le CE de la société SEB SA dans les Vosges, le conseil régional de Lorraine (Ircodel), le musicien Bady ag Alhassane, Icra Belgique (principalement via une école), les ventes d'épinglettes (merci à Paul Lorsignol), d'artisanats et de cartes postales, les dons généreux de nos membres et amis.

Réalisations récentes

  • Pour notre dernière intervention auprès des pasteurs touaregs, nous avons opté pour une aide plus conséquente, vers deux familles Ifoghas imajeghen. Mohamed ag Fallegue (dit Tayeba) et Alghaoussi ag Adimbar ont reçu chacun la somme de 1000 euros afin de constituer la base d'un troupeau de vaches laitières. En effet, un petit apport en cheptel peut permettre au nomade volontaire d'arpenter de nouveau la brousse à la recherche de pâturages et d'autonomie.

  • Au vu des résultats d'Alghaoussi et de Tayeba, ce système de reconstitution fonctionne bien si le choix de l'éleveur est pertinent, un berger nomade conscient d'une impérative mobilité.