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Actions urgentes

Menace sur les peuples indigènes et sur l’Amazonie

La plus grande manifestation indigène au Brésil, pour la première fois réunie dans un mouvement unitaire, a lieu du 30/09 au 5/10 dans tout le pays.
En France, de nombreuses organisations se sont réunies pour relayer le message, dont France Liberté, Planète Amazone, Amazon Watch, GITPA, ICRA International, NatureRights, etc.
Un communiqué de l’APIB (Association des peuples autochtones du Brésil) a été relayé, une conférence de presse organisée avec le leader Afukaka à Paris le 1er octobre, et d’autres actions vont suivre…
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Convoquée par l’APIB (Association des peuples autochtones du Brésil), la mobilisation a pour but de défendre la Constitution Brésilienne, le droit des populations indigènes et des communautés traditionnelles et le futur de l'Amazonie. Le 5 Octobre, la Constitution Fédérale Brésilienne fête ses 25 ans. Cet évènement est une réponse aux attaques généralisées que subissent les peuples sur leurs droits territoriaux, articulées par le lobby des grandes entreprises et propriétaires terriens, la “bancada ruralista”, au Congrès National et au gouvernement. Ce mouvement est soutenu par des organisations internationales des droits de l’homme et de protection de l’environnement et relayé à Paris par le chef indien Afukaka de la tribu Kuikiro.

Une centaine de projets de loi en discussion au Congrès National prétendent restreindre les droits garantis aux populations autochtones traditionnelles par la Constitution Fédérale de 1988, en particulier le droit à la terre et à l'utilisation exclusive de ses ressources naturelles. Parmi eux, les Propositions d’Amendement Constitutionnel pour modifier les processus de démarcation des territoires entrainant leur paralysie (PEC 215 et 38); le projet de loi complémentaire pour l’introduction d’entreprises en territoires indigènes reconnus (PLP 227), ou encore l’ordonnance du Procureur général qui restreint considérablement les droits des autochtones sur leur terres (Port303).

Si certaines de ces lois sont votées, on risque d’aggraver la situation d’insécurité et de provoquer l’explosion des conflits fonciers dans tout le Brésil. Par exemple la PEC 215 entraînerait une révision foncière de 13% du territoire brésilien, qui connait déjà de graves conflits: 563 indiens ont été tués ces 10 dernières années, dont 60 en 2012. La PLP227 rendrait juridiquement légales de nombreuses initiatives, telles que le barrage de Belo Monte et sa face cachée, l’exploitation minière de Belo Sun* : toute action de la société civile s’avèrerait désormais vaine.
Le gouvernement de Dilma Rousseff a historiquement la plus mauvaise gestion des terres indigènes: il n’applique pas la consultation préalable, libre et éclairée des populations indigènes garantie par la Convention n°169 de l’Organisation Internationale du Travail, paralyse la démarcation des terres indigènes, enfreignant ainsi la Constitution et les traités internationaux. Parallèlement, il subventionne le modèle agricole des grands propriétaires terriens, qui concentre les terres et les revenus, utilise massivement la chimie agricole, expulse les travailleurs ruraux, les petits paysans et les populations autochtones traditionnelles, tout en ne créant que peu d’emplois.

Les organisations brésiliennes cherchent le soutien de la communauté internationale face au manque d’écoute du gouvernement brésilien et aux menaces qui pèsent sur les peuples indigènes et communautés autochtones traditionnelles. AFUKAKA, leader de la tribu KUIKIRO, exceptionnellement à Paris pour l’exposition Genesis de Sebastiao Salgado, témoignera des atteintes portées aux peuples indigènes lors d’une conférence débat Mardi 1er Octobre à 10 h au Comptoir Général. Il sera accompagné de l’anthropologue CARLOS FAUSTO professeur au Musée National de l’université Fédérale de Rio de Janeiro et de FELIPE MILANEZ, chercheur au Centre d'études sociales de l'Université de Coimbra et Journaliste spécialisé sur l'environnement, les conflits sociaux et les questions autochtones, qui proposeront une analyse de la situation juridique au brésil, des atteintes portées aux droits des populations autochtones et des exemples de cas sur le terrain.

Le mouvement est soutenu au Brésil par les organisations indigènes et indigénistes: ISA (Institut socio environnemental), CIMI (Conseil indigène missionnaire), CTI (Centre pour le travail indigène), Commission Pro indien... par des mouvements sociaux des communautés autochtones traditionnelles (Quilombolas, paysans) et par des organisations de la société civile : Greenpeace Brésil... En France, de nombreuses organisations se sont réunies pour relayer le message, dont la Fondation Danièle Mitterrand - France Liberté, Planète Amazone, Amazon Watch, GITPA (Groupe International de Travail sur les Peuples Autochtones), ICRA International, NatureRights et autres... Le mouvement sera relayé à Londres et à Berlin par des manifestations devant l’ambassade du Brésil.

Conférence débat Mardi 1 Octobre 10h à 12h
Comptoir Général - 80 Quai de Jemmapes 75010 Paris

avec Afukaka, leader Kuikiro avec Carlos Fausto (Professeur à l’UFRJ) et Felipe Milanez (Journaliste à Carta Capital)


Exemple de Cas : BELO SUN, La face cachée de Belo Monte

En parallèle des manifestations ayant lieu au Brésil, une campagne émergente et urgente est lancée sur “BeloSun”, le projet de construire la plus grande mine d’or sur les rives du fleuve Xingu, déjà très menacé par BeloMonte.

La société minière canadienne Belo Sun envisage d'installer le projet "Volta Grande" juste à côté du méga-barrage Belo Monte, projet qui cause déjà de graves impacts sociaux et environnementaux. Prometteur d’une nouvelle série de destructions sur une région déjà très instable, ce mégaprojet minier présage un sinistre programme pour communautés autochtones et traditionnelles locales.
Pour arrêter le processus d'autorisations, une série d’organisations brésiliennes lancent la campagne “BeloSun No”, relayée par l'Institut Socio Environmental (ISA), Amazon Watch, et autres organisations internationales.... pour attirer l'attention sur le scandale sans précédent de BeloSun* et recueillir le soutien de la communauté internationale afin suspendre cette initiative dont les autorisations sont en cours d’étude**.
* Certaines études (Cf. Etude BeloSun par M. Christian Caubet Professeur et Avocat) démontrent que le Barrage de Belo Monte a été créé initialement en vue de fournir l’energie au projet minier de BeloSun.
** la demande de licence environnementale pour “Volta Grande” le mega projet minier de Belo Sun a été dénoncée la semaine dernière par les procureurs fédéraux du Ministère Public Brésilien.

Suivi de Campagne

Afukaka, représentant des Kuikiro, témoigne

Mardi 1er octobre, au Comptoir Général à Paris, AFUKAKA, leader de la tribu KUIKIRO, a témoigné des atteintes portées depuis ces derniers mois, notamment avec la remise en cause des acquis de la constitution de 1988, aux peuples indigènes au Brésil.

Il était accompagné de l’anthropologue Carlos FAUSTO professeur au Musée National de l’université Fédérale de Rio de Janeiro et de Felipe MILANEZ, chercheur au Centre d'études sociales de l'Université de Coimbra et Journaliste spécialisé sur l'environnement, les conflits sociaux et les questions autochtones.

La situation des Indiens au Brésil ces dernières décennies a été brièvement exposée notamment la période de pacification, les premières reconnaissances du fait autochtone avec la création du parc du Xingu en 1962, les luttes amérindiennes sous la dictature, la constitution de 1988 reconnaissant de nombreux droits aux communautés autochtones dont le droit à la terre, le combat médiatique des Kayapo en 1989 contre la construction d’un barrage sur leur territoire, les premières démarcations avec la démocratie revenue…et les dernières remises en cause des droits des Indiens avec les projets actuels du gouvernement.

Un retour comme au temps de la dictature…

En ce moment est en discussion au gouvernement et au congrès brésiliens tout un ensemble de dispositions visant à réduire les droits territoriaux des Indiens. En effet, le gouvernement désire que le processus de démarcation des terres indigènes soit transféré de l’exécutif au législatif, le congrès étant dominé par le lobby des propriétaires terriens et des industriels de l’agro-alimentaire, les démarcations futures auraient ainsi bien peu de chance d’être approuvées…

Par ailleurs, le gouvernement a également pour objectif d’amender la constitution de 1988 afin de remettre en cause les terres déjà démarquées. En effet, à ce jour, le gouvernement ne peut avoir accès aux terres démarquées qu’en cas de guerres ou d’évènements exceptionnels (art 231). Le gouvernement souhaite amender cet article pour ouvrir ces terres démarquées aux exploitations minière, agricole, hydro-électrique, etc., c’est-à-dire à tous les chantiers nécesaires au “développement de la nation”, objectif prioritaire des gouvernants actuels, chantres de la croissance économique !
Ceci aurait inévitablement un impact sur nombre de terres déjà démarquées encore riches en ressources naturelles car utilisées respectueusement par les populations autochtones.

Mais comment expliquer ce changement de stratégie de la part du gouvernement ? Il faut peut être pour comprendre revenir en 2009 avec la victoire historique des Indiens de Raposa do Sol. La Cour suprême avait alors rendu un jugement favorable aux Indiens dans leur conflit avec les fazendeiros. Les politiques et les ruralistes ont alors compris qu’ils ne pouvaient plus compter comme auparavant sur la justice pour contester les démarcations…d’où les tentatives de réformes en cours du cadre politique pour reprendre la main .

Devant ces menaces, les communautés indiennes du Brésil ont décidé d’agir. La mobilisation a commencé ce printemps avec des manifestations jusqu’à l’intérieur du Congrès. Elle se poursuit actuellement avec la plus grande manifestation indigène au Brésil, pour la première fois réunie dans un mouvement unitaire, qui a lieu du 30 septembre au 5 octobre dans tout le pays.

En France, de nombreuses organisations se sont réunies pour relayer le message, dont la Fondation France Liberté, Planète Amazone, Amazon Watch, GITPA, ICRA International, NatureRights, etc.
Un communiqué de l’APIB (Association des peuples autochtones du Brésil) a été relayé, une conférence de presse organisée, et d’autres actions vont suivre…
HV

Stop Belo Monte, Paris le 15 novembre 2013

ICRA soutien et relaye l’appel de Planète Amazone et de End Ecocide in Europe à un rassemblement citoyen en réaction à la poursuite, au Brésil, du chantier Belo Monte.

La Défense, esplanade - vendredi 15 novembre 2013 dès 12h
(devant l’immeuble d’Alstom et de GDF-Suez).
Ambassade du Brésil, à partir de 15h
Avec la présence exceptionnelle de la grande militante Antonia Melo (Movimento Xingu Vivo para Sempre)

Pourquoi ce rassemblement?

Pour que les entreprises européennes comme Alstom et GDF-Suez (France) se désistent des grands barrages qui détruisent la biodiversité et le devenir des populations locales.
Pour que le Brésil respecte ses propres lois, sa constitution et les conventions internationales qu'il a ratifiés, qui veillent aux droits de ses populations autochtones et à la protection de l'environnement. Pour que les crimes et les assassinats dont sont victimes au Brésil les populations indigènes et les défenseurs de l'environnement ne restent plus impunis.


Le barrage de Belo Monte a été déclaré illégal le 25 octobre 2013 par une décision de justice qui a exigé l'arrêt immédiat du chantier. L'administration de la présidente Dilma Rousseff a eu recours à une mesure d'Urgence Nationale (mise en place sous la dictature militaire pour faire face à des menaces graves, conflits armés, guerres civiles...) pour balayer d'un revers de la main cette décision tant attendue par les détracteurs du projet, qui suscite des levers de boucliers depuis plus de trente ans. Cet ultime camouflet prouve une fois de plus que les victimes actuelles ou futures de Belo Monte n'ont rien à attendre de dirigeants qui ne tiennent pas compte de la justice et de la Constitution de leur pays et encore moins des traités internationaux qu'il a ratifiés.

En réaction, Planète Amazone et l'initiative citoyenne européenne Arrêtons l'Ecocide en Europe invitent toutes les organisations et militants soucieux de la préservation de l'environnement à s'unir pour un rassemblement citoyen le 15 novembre 2013, à Paris, autour d'Antonia Melo, la grande militante du Mouvement Xingu Vivant Pour Toujours (Movimento Xingu Vivo para Sempre). Cette femme risque sa vie chaque jour. Au Brésil, des militants tels qu'Antonia ont payé de leur vie leur engagement, depuis Chico Mendès en 1988 jusqu'à José et Maria da Silva en 2011. A Altamira, la ville la plus proche des travaux du barrage, elle lutte avec des moyens dérisoires contre les artisans de ce qu'elle qualifie d'"ouvrage de destruction et de mort". Car avec les grands barrages viennent les mines d'or, de bauxite, le soja, le bétail, les coupes illégales de bois... Rapidement la forêt devient un désert de terre rouge. Alors qu'il n'est pas achevé, Belo Monte a déjà complètement bouleversé le fragile équilibre écologique de la région de la Grande Boucle du Xingu, l'une des plus riches en matière de biodiversité, et détruit la vie d'une majorité de riverains.

Après plusieurs paralysies spectaculaires du chantier, les militants sont désormais réduits au silence depuis qu'une loi menace désormais tout manifestant de poursuites judiciaires. La police militaire est déployée sur place et autorisée à utiliser la force. Lors de la dernière tentative d'occupation, elle a confisqué hamacs, nourriture, eau et empêché tout ravitaillement; obligeant les contestataires indigènes à quitter les lieux rapidement.

Les opposants à Belo Monte restent très mobilisés et si leur marge de manœuvre est désormais réduite sur le terrain, ils mènent parallèlement une autre bataille, celle de la communication. De cette manière, notamment par le biais des réseaux sociaux, ils travaillent à alerter la communauté internationale pour renforcer les pressions sur les autorités de leur pays, alors que le Brésil s'apprête à accueillir la prochaine Coupe du Monde de Football (2014) et les prochains JO (2016). Sont privilégiés les pays dont sont originaires certaines des entreprises participant ce projet illégal et à d'autres, similaires et tout aussi contestés. L'écho que rencontre en France la lutte contre le barrage de Belo Monte n'est sans doute pas étranger à la présence sur des projets de grands barrages décriés en Amazonie d'entreprises telles qu'Alstom (qui a décroché, au sein d'un consortium constitué également des firmes Voith & Andritz, un contrat de 500 millions d’euros pour les turbines de Belo Monte) et GDF-Suez (maître d'oeuvre majoritaire du barrage de Jirau, sur le rio Madeira).

Ce 15 novembre, unis autour d'Antonia Melo, nous nous élèverons, dans le quartier d'affaire de la Défense, contre l'implication de compagnies européennes telles qu'Alstom, Andritz, Arcadis, Mercedes-Benz, Voith, Siemens et GDF-SUEZ (étude de faisabilité) dans ce projet, vendue comme un modèle par le Brésil (des dizaines d'autres barrages de ce type sont prévus d'ici à 2020). En participant à un projet qui accumule les violations de droits de l'homme, de ceux des peuples autochtones et porte atteinte de façon irrémédiable à un environnement jusqu'alors préservé, ces compagnies se rendent complices de crimes. S'ils retirent leur participation, le projet chancellera.

A cette occasion, Antonia Melo souhaite rencontrer Patrick Kron, PDG d'Alstom, afin d'ouvrir un dialogue, échanger des points de vue et au-delà, exposer clairement aux actionnaires de cette compagnie, qui viole sa propre charte éthique en s'associant à ce projet, la réalité d'une situation qu'elle constate au quotidien dans sa ville et dans sa région depuis le début des travaux de Belo Monte.

Ce 15 novembre, nous appellerons aussi à manifester devant l'ambassade du Brésil pour dénoncer les dérives d'une politique fascisante qui accepte de sacrifier des vies humaines et un environnement précieux pour l'humanité entière pour le profit d'un petit nombre, les très puissants propriétaires terriens du pays, qui tiennent les rennes du Congrès.

Ce 15 novembre 2013, nous souhaitons que vous soyez à nos côtés et nous espérons pouvoir compter sur votre présence, au nom de toutes les victimes présentes et à venir.

Revendications relatives aux entreprises européennes :

Nous demandons à Alstom et aux autres entreprises européennes concernées d'interrompre leur participation au consortium de construction de Belo Monte tant que ne seront pas garantis :
- les consultations libres et éclairées des riverains (indigènes ou non) sur la construction du complexe de barrage,
- la subsistance des populations indigènes déplacées, ainsi que celle des pêcheurs et habitants des environs - le respect des normes environnementales établies par l'IBAMA,
- le respect pour les ouvriers, dans le cas où le chantier reprendrait après la validation des processus évoqués dans les trois précédents points, des droits du travail brésilien, en accord avec toute convention nationale et internationale dont le Brésil est signataire.

Nous demandons à ces entreprises le respect à l'étranger de toutes les conventions internationales signées par la Communauté Européenne pour tous ses projets actuels et à venir.

Nous émettons les mêmes revendications concernant toute entreprise européenne impliquée dans des projets à l'étranger mettant en danger de part le monde :
- la forêt primaire,
- la biodiversité,
- les modes de vie autochtones et leur culture,
- l'agriculture vivrière ou les moyens de subsistance localement autonomes,
- le droit des peuples indigènes et tribaux de “décider de leurs propres priorités en ce qui concerne le processus de développement (...) et d’exercer un contrôle sur leur développement économique, social et culturel propre”, tel que stipulé par la Convention 169 de l'OIT.

Revendications en direction des instances dirigeantes du Brésil, en solidarité avec les peuples indigènes vivant sur son sol :

Nous, citoyens européens, demandons que le Brésil respecte ses propres lois, sa constitution et les conventions internationales qu'il a ratifiés, et veille aux droits de ses populations autochtones et à la protection de l'environnement.
Nous demandons que le gouvernement brésilien prenne des mesures pour que les crimes et les assassinats dont sont victimes les populations indigènes et les défenseurs de l'environnement ne restent plus impunis.
Nous demandons que le Brésil renonce à tout projet de loi et amendement constitutionnel (PEC 215, PEC 237, Portaria 303...) qui remet en cause les droits acquis par ses peuples indigènes dans la Constitution de 1988 et également à celui du transfert de compétence de la présidence de la République au Congrès pour la délivrance du décret validant toute démarcation de terre indigène.
Association Planète Amazone
Initiative Européenne “Arrêtons l’Ecocide en Europe”

Tournée européenne de Sonia Guajajara coordinatrice de l’APIB

Sônia Guajajara, leader indigène brésilienne reconnue pour son rôle crucial dans les organisations indigènes, est coordinatrice de l'organisation APIB (Fedération nationale des peuples indigènes du Brésil) interviendra à Genève et Paris du 10 au 14 mars.

De part son parcours, Sônia est experte en matière de droits des peuples autochtones. Elle porte un combat sans précédent pour défendre les peuples indigènes du Brésil d’une politique nationale particulièrement aggressive répondant aux intérêts économiques et politiques.
Le Plan d’expansion énergétique du gouvernement brésilien prévoit notamment la création de 30 nouveaux grands barrages dans la région amazonienne d’ici 2020. Au même titre que celui de Belo Monte sur le Rio Xingu, les deux barrages sur le Rio Madeira constituent les premières manifestations de ce que les critiques dénoncent comme une véritable frénésie de mégabarrages en Amazonie brésilienne. Cette frénésie est alimentée par une coalition de politiciens locaux et nationaux et d’entreprises privées, notamment dans le secteur de la construction. En France les entreprise fortement engagées dans ce plan sont Gdf/Suez, Edf et Alstom.

Programme de la tournée de Sônia Guajajara :

Side Event à Genève le 10 mars.
La Fondation France Libertés et Amazon Watch organisent une Conférence de Sonia Guajajara, coordinatrice de APIB, qui interviendra dans le cadre d’un side event (événement parallèle) au Conseil des Droits de l’Homme (CDH) des Nations Unies, qui se tient lundi 10 mars, 12h - 14h, au Palais des Nations, Salle VIII Genève.
Aux côtés de Alex Sampaio de l’Association Interaméricaine pour la Défense de l'Environnement (AIDA) et de Sophia Lakhdar de l’association Sherpa, Sonia prendra la parole sur la question du droit des peuples autochtones à la consultation préalable (FPIC), dans un contexte de fragilité juridique des populations et de développement intensif de projets d’infrastructures hydroélectrique en Amazonie.

Sônia Guajajara sera à Paris du 12 au 14 mars pour effectuer un ensemble de démarches soutenues par un collectif d'Ongs de défense de l’Amazonie : Amazon Watch, Fondation France Libertés Danièle Mitterand, Survival, Planète Amazone, GITPA, NatureRights, ICRA, qui se se mobilisent à ses cotés pour plaidoyer pour la cause des droits indigènes, à l’aube de la coupe du monde au Brésil.

Programme de la visite Sônia Guajajara à Paris :
- mercredi 12 : rencontres avec les grandes entreprises (cf. lettres de demande d'entretien)
- jeudi 13 : rencontre à l'ambassade du Brésil

- vendredi 14 : manifestation à la Défense de 11h à 14h
- vendredi 14 à 17h : conférence publique au Comptoir Général (80 Quai de Jemmapes, 75010 Paris)

Pour plus d'informations

Amazonie : comment EDF et GDF Suez étudient les terres indigènes avec l’appui de l’armée

Après Belo Monte, le bassin du rio Tapajós, l’un des principaux affluents de l’Amazone, est la nouvelle cible des constructeurs de grands barrages. Le gouvernement brésilien voudrait faire construire au moins quatre nouveaux grands barrages dans cette région préservée, à la biodiversité unique, et il a missionné un groupe d’entreprises - dont les françaises EDF et GDF Suez – pour réaliser les études d’impact environnemental. Pour prévenir toute velléité de rébellion chez les tribus de la zone, il leur a aussi donné l’appui de l’armée… Ou comment deux entreprises françaises se retrouvent au cœur du conflit de plus en plus tendu entre gouvernement brésilien et populations indigènes.

Groupe d’études du Tapajós (GET) : un nom en apparence inoffensif qui cache une démarche nettement plus contestable. Celle de construire, après Belo Monte et d’autres, une nouvelle génération de grands barrages amazoniens, dans le bassin encore préservé du rio Tapajós et de ses affluents, comme le rio Teles Pires. Au moins quatre nouveaux barrages sont prévus dans la région, qui abrite une biodiversité très riche, mais encore mal connue, et des milliers d’indigènes. Le GET, qui regroupe diverses firmes privées sous l’égide de la compagnie publique d’électricité Eletrobras, est chargé d’étudier la région en vue de réaliser les études d’impact environnemental des futurs barrages.

Deux entreprises françaises sont parties prenantes du GET : les sœurs rivales EDF et GDF Suez. La seconde a construit récemment plusieurs nouveaux barrages au Brésil, dont celui de Jirau ; la seconde aimerait bien en faire de même. Toutes deux ont signalé, par le passé, leur intérêt à participer, au-delà des études d’impact, à la construction et à la gestion des futurs barrages du rio Tapajós. EDF a soumis sa candidature aux enchères pour le barrage de Sinop sur le Teles Pires et, malgré son échec, était récemment en discussion pour racheter une partie du consortium vainqueur. En revanche, l’entreprise a choisi de ne pas participer aux enchères pour le barrage de São Manoel (toujours sur le Teles Pires), qui ont eu lieu en décembre dernier – ni d’ailleurs GDF Suez, qui s’était déclarée un temps intéressée, mais semble avoir jugé les risques trop élevés. Interrogée en décembre dernier, EDF déclarait alors réfléchir à une éventuelle candidature pour construire le barrage de São Luiz do Tapajós, sur la rivière du même nom – les enchères sont prévues pour septembre 2014, comme pour le dernier barrage projeté, celui de Jatobá.

Après les barrages de Jirau et Santo Antonio et, surtout de Belo Monte, le rio Tapajós apparaît désormais comme le nouveau front de la bataille politique et médiatique que se livrent, d’un côté, le gouvernement brésilien et ses alliés industriels, et de l’autres, les populations indigènes et le mouvement environnementaliste international. Si les promoteurs de ces barrages estiment qu’il s’agit d’un sacrifice nécessaire pour assurer l’indépendance énergétique du Brésil, les critiques soulignent, comme dans le cas de Belo Monte, qu’il s’agit surtout de favoriser le développement du futures mines (notamment d’or) dans la région. À terme, ce sont pas moins de douze barrages qui pourraient être construits dans tout le bassin.

Militarisation des études environnementales ?

Une partie des barrages projetés sur le rio Tapajós doivent être construits sur le territoire des indiens Munduruku, l’une des principales tribus amazoniennes, qui compte environ 13 000 membres. Ils ont déjà fait savoir qu’ils étaient prêts à s’opposer par la force, au besoin, à la construction des barrages. Même si, en théorie, leurs villages ne seront pas inondés, les Munduruku craignent les conséquences de la modification de l’hydrologie du fleuve, la destruction de la biodiversité, et l’impact social des futurs chantiers, et de l’afflux de migrants qu’ils ne manqueront pas d’occasionner. Un de leurs sites sacrés, les chutes de Sete Quedas, a d’ailleurs déjà été détruit du fait des travaux d’aménagement sur la rivière.

Il y a quelques mois, des Munduruku ont capturé trois scientifiques du GET – ils leur reprochaient de ne pas avoir été consultés au préalable avant leurs démarches de prospection. Ces experts ont été ensuite libérés. Mais ces événements expliquent sans doute le décret étonnant promulgué récemment par le gouvernement brésilien : un décret qui octroie le soutien de l’armée nationale à tous les projets de réalisation d’études d’impact social ou environnemental sur les terres indigènes, et interdit aux populations locales de manifester contre ce genre d’études.

Un décret directement lié aux événements du rio Tapajós, que les indigènes ont baptisé « décret de la répression ». Selon les Munduruku, depuis cette décision, “la police et les forces armées encerclent nos villages. Ils pensent qu’ils peuvent nous intimider, mais nous ne serons jamais intimidés”. Selon eux, la réalisation des études d’impact n’est qu’une manière de les mettre devant le fait accompli.

Localement, les projets de barrages n’ont pas que des opposants, certains espérant qu’ils amèneront avec eux le développement. Des journalistes qui ont assisté à l’une des « auditions publiques » destinées à « consulter » les populations sur le projet de barrage de São Manoel décrivent “un exercice de relations publiques”. Une partie de la Justice brésilienne conteste le principe même de ces auditions publiques, au motif que les indigènes devraient auparavant, au regard du droit international, pouvoir donner leur « consentement libre, préalable et informé ». “En militarisant fortement la région, le gouvernement a rompu le dialogue avec ces populations et a rendu impossible l’organisation d’une consultation préalable adéquate”, a déclaré à Al-Jazeera le procureur du Pará Felicio Pontes. Avec d’autres procureurs, celui-ci a même réussi à faire annuler, temporairement, une audition. Mais, comme souvent en matière de grands barrages au Brésil, cette décision de justice a été annulée grâce à une disposition légale datant de la période de la dictature, qui permet au pouvoir exécutif de suspendre les règles du droit lorsque la « sécurité nationale » est en jeu.

Ces développements montrent combien, en matière de grands barrages, la réalisation des études d’impact n’a rien d’anodin. Symbole de l’opacité du processus, les scientifiques mandatés ont d’ailleurs interdiction absolue de parler à la presse. Les études d’impact sont déterminantes pour l’octroi des licences administratives, et ensuite pour les programmes de « compensation » sociale et environnementale auxquels les constructeurs du barrage seront tenus.

Selon les critiques, le travail des experts du GET vise surtout à donner l’impression aux communautés locales que la décision de construire les barrages est un fait accompli : l’objectif est d’“intimider et coopter les communautés locales, en donnant l’impression que les barrages sont un fait accompli et qu’ils vont retirer beaucoup d’argent de ces projets.”, selon Brent Milikan de l’ONG International Rivers. Le site internet du GET affiche d’ailleurs la couleur : il n’y est question que de “lever les doutes” et “démystifier les barrages”. Que des entreprises comme EDF et GDF Suez (entre autres) participent au GET constitue aussi une situation de conflit d’intérêts dès lors que ces mêmes entreprises sont intéressées à la construction de ces mêmes barrages, ou d’autres.

Recul des droits des indigènes ?

Les Munduruku ont été rejoints dans leur lutte par des tribus voisines, alliées traditionnelles, et bénéficient du soutien des autres peuples indigènes du pays. Ces derniers sont très remontés contre les grands projets lancés en Amazonie et dans le reste du Brésil ces dernières années, dont le mégabarrage de Belo Monte ne constitue que la face la plus visible. Cinquante guerriers Munduruku ont occupé en décembre 2013 un bâtiment officiel du gouvernement à Brasilia – celui-là même qui abrite l’administration qui a le pouvoir de décider de « suspendre » les décisions de justice au nom de la sécurité nationale.

Pour les indigènes brésiliens, le décret adopté par le gouvernement de Dilma Roussef autorisant le recours à l’armée pour réaliser les études d’impact du Tapajós s’inscrit dans une tendance au recul des droits des peuples indigènes dans le pays. Le processus de démarcation officielle des terres indigènes, prévu par la Constitution de 1988, est au point mort. Plusieurs projets législatifs ou décrets ont été introduits par la Chambre des députés et/ou par le gouvernement de Dilam Roussef pour limiter les droits juridiques des indigènes sur leurs propres terres et régulariser la situation des grandes exploitations agricoles.
Olivier Petitjean
www.multinationales.org
Photo : Amazon Watch

Pour plus d'informations
  • L'article complet sur le site www.multinationales.org


  • Brésil : Les Indiens font reculer le congrès

    Janvier 2015- Suite à la pression des communautés amérindiennes du Brésil, le Congrès Brésilien a invalidé en décembre 2015 la proposition de loi (PEC 215) visant à limiter le processus de démarcation des terres indigènes.
    ICRA avec d'autres associations avaient relayé ces derniers mois les appels des Amérindiens du Brésil, notamment de l’APIB (Association des peuples autochtones du Brésil), afin de faire pression sur les autorités brésiliennes.

    Voici la lettre de l'APIB publiée suite à cette victoire :

    Lettre de remerciements pour la défense des droits des peuples indigènes

    
À toutes et tous les alliés des peuples indigènes du Brésil et du monde

    

 L'Articulation des Peuples Indigènes du Brésil (APIB) et les leaders indigènes mobilisés pendant la semaine du 15 au 19 décembre contre les aberrations législatives de suppression des droits indigènes, en particulier territoriaux, orchestrée principalement par le groupe ruraliste au Congrès National, tiennent par la présente à remercier profondément toutes et tous les alliés de la cause indigène au Brésil et dans toutes les parties du monde - les entités indigénistes, socio-environnementales et de droits de l'homme, les mouvements et les organisations sociales, les institutions académiques, les partis politiques, les parlementaires et les autres initiatives, dont les initiatives individuelles - qui se sont solidarisés avec nous et ont contribué des plus diverses manières à la défense de nos droits gravement menacés en cette fin d'année.

    Ce qui s'est produit pendant cette semaine démontre que seules la lutte, la mobilisation et la pression bien articulées permettent d'empêcher que les forces du capital, les classes hégémoniques, les forces de la répression et les autres instances de l'État n'imposent leur volonté contre l'État Démocratique de Droit, le régime démocratique et le caractère multi-éthnique et pluri-culturel du Brésil.

    

Les peuples indigènes ont démontré qu'ils n'admettront jamais, même en sacrifiant leurs propres vies, que la recolonisation, l'usurpation et la spoliation de leurs territoires s'accomplissent en faveur de l'industrie extractiviste, de l'agro-business et du néo-développementisme défendu par les élites et par l'actuel gouvernement, et qui ne favorisent que le bénéfice, l'enrichissement et la consommation exacerbée de quelques uns, les descendants des envahisseurs et du régime autoritaire, les représentants et les complices des grandes corporations transnationales.

    

 Inviabiliser cette année la PEC 215/2000 et le PLS/N du sénateur Romero Jucá qui cherchait à réglementer le paragraphe 6 de l'article 231 de la Constitution Fédérale, ainsi que le PL 7735/2014, du patrimoine génétique, représente sans aucun doute une bataille remportée, mais nous ne pouvons pas oublier qu'en 2015, avec un Congrès encore plus conservateur, et avec un gouvernement qui continue à se placer du côté des dominateurs, les défis perdurent. C'est une raison suffisante pour exprimer nos remerciements, appeler nos peuples, les organisations et les leaders, ainsi que toutes et tous nos alliés à rester vigilants et à se préparer à d'autres luttes encore plus importantes, enracinés dans notre spiritualité et notre cosmovision, en défense de la vie, de notre dignité et de notre droit sacré à la terre, pour le bien des actuelles et futures générations, de la société brésilienne et de l'humanité toute entière.

    

Nous demandons à toutes et tous de continuer à être mobilisés et de réussir à obtenir la libération définitive des leaders indigènes emprisonnés, accusés injustement de tentative d'homicide, car comme nous tous, ils exerçaient le légitime droit de manifestation, en luttant pour une cause juste, ainsi que l'a reconnu le juge du Tribunal du Jury de Brasilia en concédant la liberté provisoire aux leaders Alessandro Miranda Marques / Terena, Cleriston Teles Sousa / Tupinambá et Itucuri Santos Santana / Pataxó.

    

Le juge affirme dans sa décision : “Je constate que les emprisonnements ne peuvent pas être maintenus. Il faut reconnaître que les faits ont eu lieu dans un contexte du légitime exercice du droit de manifestation, de la liberté de s'exprimer, du droit de participation dans la sphère publique, d'intégrer un processus délibératif politique, les piliers centraux qui soutiernnent l'État Démocratique de Droit... Les sujets affectés cherchaient à exercer le droit de défense de leurs intérêts par la manifestation, le mouvement de protestation, de contestation contre une société qui, dans leur vision, par l'intermédiaire de ses représentants, se place contre eux…“

    

Pour un État réellement démocratique, juste et pluriel, nous continuerons ensemble et unis en défense de la Constitution Fédérale et des droits territoriaux des peuples indigènes, des quilombolas, des autres populations de la campagne et de notre Mère Nature.

    

Brasilia, District Fédéral, le 19 décembre 2014.
    
Articulation des Peuples Indigènes du Brésil - APIB
    
Mobilisation Nationale Indigène
    © racismoambiental.net.br - traduit du portugais par Chico Libri

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