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Un nouveau projet minier menace la Guyane

Dix ans après le projet avorté d’IamGold sur la montagne de Kaw, un nouveau projet minier de grande ampleur est en cours de discussion sur la montagne d’Or au sud de Saint-Laurent, entre promesses de développement économique et craintes de conséquences écologiques.
Merci de signer la pétition contre ce projet.
Il y a dix ans, un premier projet minier d’envergure créait la polémique en Guyane. À l’époque, Cambior, CBJ Caïman puis Iamgold envisageaient d’exploiter l’or de la montagne de Kaw, c’était le fameux projet de Camp Caïman. Il avait provoqué une véritable levée de boucliers à tel point qu’une trentaine d’associations, d’ONG et d’organismes divers avaient créé le collectif « NON au projet Cambior à Kaw ! ». Nombre d’élus étaient eux-mêmes opposés au projet, à commencer par le président de Région de l’époque, Antoine Karam. Finalement, après avoir été favorable au projet, l’État avait décidé de le rejeter. « Après le Grenelle de l’environnement lancé en 2007, Nicolas Sarkozy n’avait pas vraiment le choix », commente aujourd’hui Harry Hodebourg, délégué régional de Cap 21 Guyane et membre fondateur du collectif. Il faut dire aussi qu’à l’époque, le projet avait reçu plusieurs avis défavorables comme ceux de la Diren (Direction régionale de l’environnement) et d’un des trois commissaires enquêteurs.

Dix ans plus tard, un nouveau projet de mine à grande échelle est donc en train de voir le jour, à l’Ouest cette fois, au pied de la montagne d’Or. Mené par le canadien Columbus Gold et le russe Nordgold, c’est le plus grand projet minier jamais imaginé en Guyane, une mine industrielle dont l’activité extractive pourrait débuter d’ici 2020. Lui aussi provoque l’émoi des associations environnementales qui s’inquiètent des techniques d’exploitation mais aussi de l’après-mine. « Comment prendre au sérieux les programmes de revégétalisation des parcs à résidus miniers sur un demi-siècle ? », s’interroge par exemple Maïouri nature.

Le site est localisé dans le secteur de Paul Isnard, au pied de la montagne d’Or, entre les massifs de Lucifer et de Dekou Dekou, sur le territoire de Saint-Laurent du Maroni, à 85 km au sud de la ville à vol d’oiseau. La base vie sera située à Camp Citron. Le tout est accessible par la piste Paul-Isnard (125 km). La prospection et les études ont été menées par Columbus Gold entre 1995 et 2016. Actuellement, Columbus détient huit concessions sur ce site pour une superficie totale de 190 km2. Les dernières études d’impact et de faisabilité doivent être terminées début 2017 au plus tard. Ce n’est qu’alors que Columbus et Nordgold lanceront les procédures d’autorisation d’exploitation. Prévue pour débuter en 2020, l’exploitation doit s’étaler sur treize ans. L’extraction se fera sous forme de mine à ciel ouvert. La fosse fera 2,5 km de long sur 500 m de large pour une profondeur de 400 m. La fosse initiale se situera à l’Ouest pour descendre de plus en plus profond jusqu’à l’Est. Après un contrôle de teneur, il y aura le dynamitage d’un certain tonnage puis la récupération de la roche dynamitée. Une partie du minerai à basse teneur sera gardée pour la fin de la mine. Le stérile sera mis sur la verse à stérile, et le minerai de teneur économique sera traité dans l’usine attenante. C’est là que le minerai d’or sera extrait de la roche par cyanuration en circuit fermé. La ressource de la fosse est estimée à 155 tonnes d’or. Le projet prévoit d’en extraire 95 tonnes.

Nous sommes en face d’une modeste mais réelle responsabilité historique. Car la France détient sur le continent américain une fraction de la richesse biologique mondiale. Une mine d’or industrielle là-bas serait le signal que tout, désormais, est possible. Si un pays comme le nôtre accepte de sacrifier cette merveille, quel autre se sentirait tenu de s’arrêter pour réfléchir ?

Une ONG suisse a publié en février 2016 un rapport sur les mines d’or de la firme Nordgold au Burkina Faso, où l’on peut lire : « Dans beaucoup d’endroits, l’exploitation aurifère détruit les bases de l’existence de populations, porte atteinte aux droits humains. » Avant de préciser : « Les sociétés minières présentes au Burkina Faso, en l’occurrence Iamgold, Nordgold et Amara Mining, ont une grande responsabilité dans les violations des droits humains exposés. ».../...
Infos : France Guyane et Cyberacteur

La pétition contre ce nouveau projet de mine d'or

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