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Actions urgentes

Amazonie : le peuple Suruí menacé par la déforestation et l'orpaillage

Le peuple indigène Paiter Suruí vient de lancer un appel de détresse à la communauté internationale. Bûcherons, orpailleurs et chercheurs de diamants armés ont envahi leur forêt en Amazonie. Et sont en train de la détruire.
ICRA relaye la pétition de soutien au peuple Suruí de l'association “Sauvons la forêt”.
Les Paiter Surui vivent sur un territoire de 250 000 hectares dans la forêt amazonienne. Ils ont lancé un appel à l’aide au monde entier. Voici la traduction de cet appel :

Je suis Almir Narayamoga Surui, chef du peuple Paiter Surui. Notre population vit dans l’État du Rondônia au Brésil.
Depuis début 2016, nous subissons une invasion massive de bûcherons et de chercheurs d’or et de diamants. Tous les jours, plus de 300 camions sortent de notre territoire remplis de bois, ce qui représente 600 hectares de forêts dévastés. Or, le déboisement des réserves indigènes est illégal selon la Constitution brésilienne.

Sur le terrain, les déforesteurs ont de grands moyens, avec des machines Caterpillar. Nous avons constaté du mercure et du cyanure dans les 3 rivières du territoire Surui à cause des orpailleurs.

Les répercussions sont terribles. En plus des dégâts écologiques et la remise en cause de notre mode de vie, ces invasions mettent en danger directement nos familles et nos enfants. Soit on collabore, soit ils nous mettent le fusil sur la tempe ! En plus, ils tentent de corrompre une partie de mon peuple avec de l’argent. La situation est terrible.

Malgré nos appels à l’aide contre cette mafia, le nouveau gouvernement ne réagit pas. De par son silence, ils est le complice silencieux de cette déforestation et de la mise en danger de notre peuple
.

Les Paiter Surui sont l'un des plus de 240 peuples indigènes vivant au Brésil. Leur territoire est situé dans l'État brésilien de Rondônia à environ 30 kilomètres au nord de la ville de Cacoal.

C’est seulement en 1969 que ce peuple jusque là isolé est entré en contact avec le monde dit « développé ». Les Paiter Surui ont préservé jusqu’à ce jour la riche nature de leur territoire grâce à leur mode de vie traditionnel fait de chasse et de cueillette ainsi que de cultures itinérantes sur des petites parcelles.

Bûcherons, colons et spéculateurs fonciers ont déjà détruit de vastes étendues de forêt tropicale dans l’État de Rondônia. Des territoires occupés hier encore par des forêts luxuriantes offrent dorénavant de sinistres paysages de pâturages asséchés, de plantations de canne à sucre et de soja, de décharges de déchets miniers et de terres érodées. Rondônia est l'état brésilien avec le taux de déforestation le plus élevé d'Amazonie. La moitié des 200 000 kilomètres carrés de forêt tropicale d’origine a déjà été détruite.

La réserve reconnue du peuple Paiter Surui, appelée Terre du Sept Septembre (Sete de Setembro en portugais) est l'une des dernières zones de forêt tropicale intacte de Rondônia. Ses 250 000 hectares sont aujourd’hui assiégés par les clairières, les routes et les lotissements.


Almir Surui a consacré sa vie à la préservation de la forêt tropicale. Âgé de 41 ans, il a été le premier de son peuple à étudier dans une université. Almir a établi des contacts dans le monde entier et poursuit le projet de faire cartographier le territoire de son peuple.
Tous les efforts visant à protéger la forêt tropicale et à préserver le mode de vie des populations autochtones seront au bout du compte voués à l'échec tant que les autorités brésiliennes ne garantissent pas la primauté du droit. Le gouvernement et l’administration restent la plupart du temps sans réaction face au pillage des forêts et des réserves indigènes par les bûcherons, colons, spéculateurs, mineurs, orpailleurs ainsi que face au harcèlement et à la privation des droits des habitants.

Signez la pétition de soutien au peuple Suruí