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Actions urgentes

Soutien aux Hmong du Laos

Signez la pétition contre la répression envers les populations Hmong du Laos
Le reportage "La guerre secrète au Laos", diffusé le 16 juin 2005 dans l'émission de France 2 "Envoyé Spécial", a révélé au monde une campagne de répression féroce, voire d'extermination, menée en toute impunité depuis 30 ans par les dirigeants du parti unique au pouvoir en République démocratique Lao (RDPL), contre des milliers de populations lao-hmongs dans la jungle laotienne de Xaysomboune et de Bolikhamsay.

Les images de ces hommes, ces femmes, ces enfants, ces bébés, traqués, pourchassés par des soldats, vivant dans la peur, la maladie, le dénuement total et le désespoir ont suscité légitimement émotion, indignation et révolte. Et chacun se demande ici comment de telles horreurs, aient pu être commises dans un pays membre de la Francophonie, membre des Nations Unies, et avec lequel l'Union Européenne a signé en avril 1997 un accord de coopération qui faisait du respect des droits de l'Homme une condition majeure.

Il ressort en outre de ce reportage --réalisé clandestinement par le journaliste Grégoire DENIAU dans un pays sans liberté d'expression et de presse-- que pour le régime en place ces populations lao-mongs, qui refusent de se courber devant la dictature, "n'existent pas" et ne sont que de "simples villageois en déplacement". Larges sourires pour amadouer les donateurs et les touristes, mais refus de réformes démocratique et répression impitoyable contre toute opposition intérieure, ont été la règle de conduite des dirigeants du régime qui règnent en maîtres depuis 1975.

Il ressort aussi que, pour avoir servi dans les rangs de l'armée de l'Union française à l'époque de la bataille de Dien Bien Phu en 1954 puis sous les ordres de l'armée américaine durant la guerre du Vietnam, nombre de ces Lao-Hmongs souffrent le calvaire dans cette jungle aux côtés de leurs enfants, petits-enfants et arrières petits-enfants.

Face à cette situation inacceptable, et révoltés par de tels exactions à l'encontre d'une population innocente, les signataires :

- demandent solennellement aux autorités de la République Démocratique Populaire Lao de mettre fin immédiatement à la campagne de répression contre ces populations et de reconnaître publiquement leur existence;
- demandent aux autorités laotiennes de permettre, sans conditions et sans délais, aux organisation internationales d'accéder à ces populations en détresse pour leur fournir des aides humanitaires d'urgence;
- appellent les Nations Unies, et notamment son secrétaire général Kofi ANNAN, à prendre des mesures appropriées pour sauver ces populations Lao-Hmongs avant qu'il ne soit trop tard;
- appellent le président de la République française Jacques CHIRAC et l'ensemble des pouvoirs publics à tout faire pour assurer la survie de ces populations, et pour que soient respectés les droits du peuple laotien conformément aux valeurs de la Francophonie et aux principes de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, auxquelles la RDPL a adhéré;
- appellent les Etats-Unis d'Amérique et son président George W. BUSH à prendre toutes leurs responsabilités dans ce dossier, et à prendre les dispositions pour venir en aide à ces personnes;
- appellent la communauté internationale --notamment l'Union Européenne et ses 25 membres, ainsi que l'ASEAN, dont le RDPL assure actuellement la présidence-- à prendre les mesures qui s'imposent, y compris diplomatiques et économiques, afin d'amener les autorités de la RDPL à cesser les exactions à l'encontre de ces Lao-Hmongs, de respecter les droits de toutes minorités, et d'entamer sans tarder des réformes démocratiques;
- adressent un appel pressant aux organisations humanitaires internationales à lancer des opérations d'urgence en vue de secourir ces populations en détresse; - appellent les représentants de la presse, notamment l'association Reporters sans Frontières, à se mobiliser en faveur de ces personnes dont les tristes conditions ont été révélées grâce aux médias internationaux;
- appellent à des manifestations publiques devant les ambassades de la RDP Lao dans le monde, pour protester contre les exactions commises contre ces populations par le régime.

Pour signer la pétition :
http://www.mldh-lao.org/petition_online/petition1.php

Rappel :
A la suite de la prise du pouvoir par les communistes au Laos en 1975, très rapidement, des groupes de soldats de l'ancien gouvernement royal prirent dans l'ensemble du pays le maquis dans l'espoir de renverser un jour le nouveau régime. La situation internationale de l'époque leur fournissait l'aide non-officielle de la Thaïlande, des Etats-Unis et même de la Chine.

Les camps de réfugiés en Thaïlande permettaient aux guérilleros d'avoir une base de repli et d'approvisionnement. Nombre de Hmong firent ainsi l'aller-retour entre le Laos et la Thaïlande, servant parfois durant plusieurs années au sein de la guérilla. Cet effort de maintenir au sein du Laos, des points de résistance, même en sommeil, explique pourquoi un certain nombre de Hmong refusèrent durant de nombreuses années les offres de réinstallation aux Etats-Unis et en Europe. La guerre froide et les rivalités entre pays communistes, en particulier la leçon que donna la Chine au Vietnam en 1979 puis les escarmouches lao-thaïlandaises de 1987, entretenèrent l'espoir des Hmong de voir un jour le gouvernement laotien communiste renversé.

Mais les débuts des années 1990 virent la normalisation des relations diplomatiques entre le Laos, la Thaïlande et les Etats-Unis. La guérilla hmong perdait leurs principaux soutiens, disparition d'autant plus ressentie que leurs bases de repli et d'approvisionnement, c'est-à-dire les camps de réfugiés disparurent eux-aussi.

Ces mêmes années 90, le gouvernement communiste laotien se décida à isoler totalement les guérilleros, en créant des zones spéciales administrées par l'armée où toute circulation est interdite. C'est dans cette jungle qu'errerait une population hmong estimée à 1500-3000 personnes, traquée régulièrement par l'armée laotienne aidée par les Vietnamiens. Bien que ne disposant de pratiquement aucune arme, l'armée se garde bien de l'exterminer complètement comme elle l'annonce régulièrement. Elle préfère en garder quelques reliques pour pouvoir les accuser des attentats, attaques de cars qui se produisent régulièrement au Laos. Cette politique arrange certainement un certain nombre de factions dans ce pays communiste où toute opposition au régime est réprimée dans le sang.

Philippe Klein
ICRA Suisse

Pour plus d’info : voir notre thema consacré aux Hmongs dans le dernier numéro de notre journal Ikewan