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Actions urgentes

Sauvons les Jarawa des Îles Andaman

Les jours des 270 derniers représentants du peuple Jarawa (chasseurs-cueilleurs des Îles Andaman - Inde) sont comptés. La route qui longe leur territoire et qui devrait être fermée depuis 2002 sur décision de la cour suprême indienne est en cours d’élargissement favorisant ainsi l’envahissement de leur territoire par des colons et des braconniers qui surexploitent les ressources de leur territoire et les exposent à des épidémies. Agissez en envoyant un courrier de protestation.

Déjà 201 personnes ont envoyé un courrier à leurs embassades par notre intermédiaire, 2728 grâce à Cyber@cteurs. Soit 2928 envois

L’exploitation des ressources végétales et animales de leur forêt et de leur espace côtier menace gravement les moyens de subsistance des Jarawa qui ont récemment été touchés par une nouvelle épidémie de rougeole (alors que les Services médicaux des îles Andaman s’étaient publiquement engagés en 1999 à organiser des campagnes régulières de vaccination contre plusieurs infections dont la rougeole).

Lorsque les Jarawa réagissent aux violences des colons et des braconniers, les autorités font pression sur eux, actes de violence et déplacements forcés sont désormais le lot quotidien des derniers Jarawa.

Vous avez été plus de 18 000 à vous opposer au projet de télé réalité chez les peuples autochtones de France Télévisions et nous avons obtenu son retrait. Nous espérons que vous serez encore plus nombreux à écrire aux dirigeants Indiens et à signer la pétition pour tenter de sauver le peuple Jarawa des Andamans.

Téléchargez la pétition papier

Envoyez un courrier de protestation à vos Ambassades respectives

En cliquant sur le lien ci-dessous, vous pourrez également envoyer un courrier de protestation à l'ambassade d'Inde dans votre pays.
Une copie de votre mail sera envoyé à ICRA International afin d'évaluer le succès de la campagne.

Cliquez sur le lien correpondant à votre pays, ajoutez vos coordonnées dans le courrier, signez à la fin de celui-ci et changez si possible le sujet :
Envoyez un courrier à l'ambassade d'Inde en France
Envoyez un courrier à l'ambassade d'Inde en Belgique
Envoyez un courrier à l'ambassade d'Inde en Suisse
(ne fonctionne pas avec les webmails, seulement avec les logiciels de courier comme Thunderbird, Outlook, Eudora, Mozilla, etc.)

Ou…Envoyez directement le courrier via la pétition en ligne de Cyber@cteurs

Si le lien ne fonctionne sur votre ordinateur
1. Ouvrez un nouveau message dans votre boîte de courrier électronique
2. Copiez les adresses ci-contre et collez-les dans le message comme destinataires :
ambassador2@wanadoo.fr,bau@icrainternational.org pour l'ambassade d'Inde en France
ambassador@indembassy.be,bau@icrainternational.org pour l'ambassade d'Inde en Belgique
india@spectraweb.ch,bau@icrainternational.org pour l'ambassade d'Inde en Suisse
3. Copiez le message entre #### ci-dessous et collez le dans votre nouveau message.
4. Ajoutez un sujet/titre
5. Remplissez vos coordonnées, signez et envoyez le message !

####
Votre Excellence,

Nous tenons à vous informer de notre vive inquiétude quant à la situation actuelle du peuple Jarawa. Les jours des 270 derniers représentants du peuple Jarawa (chasseurs-cueilleurs des Iles Andaman) sont comptés. La route qui longe leur territoire et qui devrait être fermée depuis 2002 sur décision de la cour suprême indienne est en cours d’élargissement favorisant ainsi l’envahissement de leur territoire par des colons et des braconniers qui surexploitent les ressources de leur territoire et les exposent à des épidémies.
L’exploitation des ressources végétales et animales de leur forêt et de leur espace côtier menace gravement les moyens de subsistance des Jarawa qui ont récemment été touchés par une nouvelle épidémie de rougeole (alors que les Services médicaux des îles Andaman s’étaient publiquement engagés en 1999 à organiser des campagnes régulières de vaccination contre plusieurs infections dont la rougeole).
Lorsque les Jarawa réagissent aux violences des colons et des braconniers, les autorités font pression sur eux, actes de violence et déplacements forcés sont désormais le lot quotidien des derniers Jarawa à l’agonie.

Par le passé, l’Inde a pris certains engagements en faveur des Jarawa, mais ceux-ci n’ont jamais été respectés par les autorités locales. Aujourd’hui, il est temps pour l’Inde de respecter le droit des Jarawa de vivre libre et en sécurité sur leur territoire.

Nous demandons donc aux plus hautes autorités indiennes :

• de faire cesser toute violence à l’encontre du peuple Jarawa,
• de faire respecter la décision de la cour suprême indienne qui a ordonné en 2002 la fermeture de la route longeant et pénétrant le territoire Jarawa,
• de protéger le territoire des Jarawa, notamment de l’invasion des colons et des braconniers,
• de respecter le droit des Jarawa à décider eux-mêmes de leur avenir et de leur mode de vie sur leur territoire ancestral.

Espérant que votre gouvernement prendra en considération notre lettre, nous vous prions d’agréer, votre Excellence, nos respectueuses salutations.

####



Suivi de la campagne

Cette action s'inscrit dans une vaste campagne internationale de soutien au peuple Jarawa.

  • Article paru dans Ikewan en août 2006
  • Sur son blog, une journaliste française à Pondichéry revient sur la situation des Jarawa et cite les campagnes de Survival et d'ICRA
  • Cyber@cteurs se joint à la campagne d'ICRA : près de 1700 courriers envoyés en une semaine. Leurs cyber@ctions en lignes
  • Mars 2007 : sous la pression d’organisations de défense des Jarawa, le Comité des Nations Unies pour l'élimination de la discrimination raciale a exhorté l'Inde à fermer la route qui longe le territoire des Jarawa. Mais les autorités locales ont demandé à la Cour suprême indienne (qui avait demandé la fermeture de cette route en 2002) de révoquer sa décision.
  • Juin 2007 : les pétitions recueillies - 1000 signatures - sont envoyées au premier ministre indien accompagnées d'une lettre
  • Début 2008 : la route traversant le territoire Jarawa est toujours ouverte à la circulation malgré un interpellation des Nations Unies (Comité pour l'élimination des discriminations raciales) et les campagnes de nombreuses associations.

Concernant les promesses de campagne de vaccination des Jarawa par les Services Médicaux des Îles Andaman, plusieurs personnes ont exprimé leur désaccord sur certaines affirmations contenue dans les textes de notre campagne dont notamment :

« Cela ne se serait probablement pas produit si la Direction des Services Médicaux des Iles Andaman (DSM) avait fait ce qu’elle s’était publiquement engagée à faire à l’issue de la précédente épidémie, à savoir : organiser pour les Jarawa des campagnes régulières de vaccination contre des infections qui sont mortelles pour eux puisqu’ils ne sont pas immunisés. En 1999, plus d’une centaine de Jarawa, (un tiers d’entre eux) avait été touchée par l’épidémie. »

ICRA International tient à préciser qu’il n’est nullement dans son intention de faire la promotion de la vaccination en tant que tel. Cependant, la population Jarawa se trouve actuellement dans une crise humanitaire grave. La rougeole est une maladie qui a exterminé complètement de nombreux peuples autochtones non immunisés dont les plus connus sont de nombreux peuples amérindiens d’Amérique du Sud lors de la conquête européenne.

Dans l’état actuel, c’est la santé et l’avenir de centaines de Jarawa qui est en jeu, les enfants nés depuis 1999 étant les premier touchés. Pour rappel, la population Jarawa tourne autour de trois cents individus. Lors de l’épidémie de 1999, une centaine d’individus ont été touchés par la rougeole. Dans l’absence d’autre moyen efficace de prévention, la vaccination nous semble la meilleure manière de sauvegarder l’intégrité physique du peuple Jarawa.

Des informations complémentaires sur la rougeole sont disponibles sur les sites de l’Organisation Mondiale de la Santé et de Médecin Sans Frontières

Contexte

Une situation critique

La situation des Jarawa, chasseurs-cueilleurs des îles Andaman - Inde - est aujourd’hui critique. Ces dernières années, nous avions espéré, notamment au vu de décisions des autorités indiennes favorables aux Jarawa, que leur situation irait en s’améliorant. Il n’en est rien.
Ce peuple est aujourd’hui à l’agonie et nous avons décidé de lancer une importante campagne de pression à l’encontre du gouvernement indien

Les Jarawa vivent dans la partie ouest des Îles de Grande et Middle Andaman dans l’océan indien. Ils nomadisent par groupe de quelques dizaines d’individus et trouvent leur subsistance en chassant en forêt, en pêchant le long des côtes à l’arc et en ramassant des tubercules, coquillages et autres baies sauvages.

En 1991, le gouvernement indien décide de sédentariser les 270 membres du peuple Jarawa dans des villages construits pour eux alors que les conséquences de ce changement de mode de vie sont connues de tous : propagation de nouvelles maladies qui se sont révélées fatales pour bien des peuples indigènes, acculturation, destruction des liens sociaux traditionnels, dépendance, etc.

Devant le peu de réussite de son plan, le gouvernement fait marche arrière. Cependant, la pression accrue des colons et l’augmentation du trafic sur la route qui longe le territoire Jarawa fait craindre le pire pour les Jarawa.

Front pionnier et épidémies

Sous la pression d’organisations de défense des Jarawa, la cour suprême indienne annonce en 2002 la fermeture de cette route… mais les autorités locales ne tiennent pas compte de cette décision et jusqu’à aujourd’hui, cette route est toujours ouverte, permettant ainsi au front pionnier de progresser à l’intérieur de la réserve, aux braconniers de chasser en territoire Jarawa et exposant les derniers Jarawa à de graves épidémies.

Ces dernières années, leur forêt est devenue la proie de braconniers toujours plus nombreux, certains d’entre eux offrant de la nourriture ou de l’alcool aux Jarawa en échange d’un “droit de braconnage”. Des campements permanents de braconniers ont été observés à l’intérieur de la réserve, alors que la loi rend la prison obligatoire pour tout individu surpris à braconner au sein du territoire Jarawa.
Plutôt que de protéger les Jarawa contre les actes des braconniers, l’administration punit les Jarawa quand ils contre-attaquent. Ainsi, peu de temps après le tsunami de décembre 2004, des voleurs non identifiés se sont emparés de toute la récolte de miel d’une communauté Jarawa. En réponse, les Jarawa ont attaqué un village de colons installés illégalement. En représailles, les autorités ont déplacé de force cette communauté vers un autre site.

En mai 2006, une nouvelle épidémie de rougeole a touché les Jarawa. Les autorités ont comme d’habitude tout d’abord démenti, puis, après l’hospitalisation de plusieurs enfants Jarawa affectés par des infections (pneumonies, infections ophtalmologiques) liées à la rougeole, ont fini par confirmer cette nouvelle épidémie. Ce sont notamment les enfants nés après la précédente épidémie de 1999 qui ont été touchés.
Cela ne se serait probablement pas produit si la Direction des Services Médicaux des Iles Andaman (DSM) avait fait ce qu’elle s’était publiquement engagée à faire à l’issue de la précédente épidémie, à savoir : organiser pour les Jarawa des campagnes régulières de vaccination contre des infections qui sont mortelles pour eux puisqu’ils ne sont pas immunisés. En 1999, plus d’une centaine de Jarawa, (un tiers d’entre eux) avait été touchée par l’épidémie.

Par ailleurs, la principale route longeant le territoire Jarawa vient d’être récemment élargie, facilitant ainsi l’exploitation des ressources forestières des Jarawa. Un nombre toujours croissant de colons pénêtre la réserve, exploitant sans retenue les dernières ressources végétales et animales dans un climat de violence.

Quel avenir...

Ces faits montrent que les autorités indiennes veulent désormais en finir avec les Jarawa qui représentent un frein au “développement” de l’île afin de laisser les compagnies forestières, les entreprises de bâtiments et les tour opérator (qui veulent profiter des récifs de coraux et de plages magnifiques et sauvages), étancher leur soif de profit.

Les Jarawa habitent dans le dernier carré de forêt tropicale des Iles Andaman. Les Jarawa disparus, les forêts et les récifs coralliens seront immédiatement à la merci des colons et autres investisseurs.

Les Jarawa disparus, c’est aussi d’une ethnie unique, d’une famille humaine, de l’un de ces derniers peuples de chasseurs-cueilleurs, d’une langue que l’humanité, une fois de plus, se rendra irrémédiablement et à jamais orpheline.

Cela fait des années, qu’au côté des associations indiennes et andamanaises sensibilisées à la cause des derniers négritos d’Asie, nous essayons d’attirer l’attention sur ces problèmes en suivant la négociation directe. Quelques décisions judiciaires ont été favorables aux Jarawa et permis un peu d’optimisme quant au faible espoir de leur survie face aux agressions dont ils sont désormais continuellement victimes depuis leur récente pacification, mais elles n’ont pas été appliquées. Nos associations ont poussé la porte de conférences publiques, ont signé des pétitions pour se faire entendre. À chaque fois nous recevions l’assurance - en toute bonne foi apparemment - que le nécessaire serait fait.

Aujourd’hui, c’est un génocide qui a lieu dans les îles Andaman : la nation Jarawa agonise en ce moment même sous nos propres yeux, et sous ceux du monde entier.