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Actions urgentes

Colombie : Manifestation Embera durement réprimée

La mobilisation pacifique des Embera du Choco vient d’être réprimée dans le sang par les autorités colombiennes. On dénombre de nombreuses victimes et 26 personnes sont toujours portées disparues suite aux assauts des forces spéciales.
Mobilisez-vous pour les Embara
La communauté Embera du Choco a dû de nouveau recourir à la mobilisation massive de ses membres pour faire valoir ses droits. Elle a réalisé une action symbolique du 23 au 27 avril passés en montant un campement devant le siège du Gouverneur du Choco afin de revendiquer ses droits sociaux et culturels et, en particulier, son droit à l'éducation. Cette action a mené à la conclusion d'un accord entre les communautés et le gouvernement central colombien.

Cependant, vu le manque de volonté politique visant à l'application de ces accords, les indigènes ont entamé des actions de barrages sur deux artères reliant la ville de Quibdo et les villes de Medellin et de Pereira. Ces manifestations pacifiques ont été très durement réprimées par les forces de police (l'ESMAD) le 26 et le 27 mai.

Voici le dernier communiqué de l’ONIC - Organisation Nationale des Indigènes de Colombie - sur la situation :

“On n'est pas sûr que les personnes réapparaissent. Seuls deux enfants de 3 et 6 ans de la communauté de Docabu (département de Risaralda) sont réapparus. Ceux du Choco qui sont tombés dans la rivière San Juan n'ont pas refait surface” selon les affirmations du président de l'Organisation Régionale Embera Waunaan (OREWA), Cesar Queragama.

Le même dirigeant dénonce un fait tout aussi grave “une petite fille d'à peine 6 mois vient de mourir à cause des gaz à Guarato et trois femmes Emebras katio qui étaient enceintes, se sont senties mal à cause des gaz et ont avorté après leur retour au sein de leurs communautés”. Il y a donc 4 victimes supplémentaires à la suite de ce délogement brutal de la part du Gouvernement via les forces de l'ESMAD (forces spéciales).

26 indigènes sont toujours portés disparus (18 mineurs et 8 adultes) “dans leur majorité après un second assaut le 26 mai alors qu'ils préparaient le déjeuner vers 14h30 à Guarato. Le premier assaut avait eu lieu vers 7h00 dans le lieu dit de La Union (département de Risaralda) et a laissé trois disparues (deux fillettes et une femme enceinte)”.

Ces faits sont corroborés par le rapport conjoint de la Commission d'Observation inter institutionnelle formée par le Diocèse de Quibdo, Christian Aid (Grande-Bretagne), Diakonia (Suède), Amnesty International (France) et PTM Mundu bat (Etat espagnol) publié le 28 mai après avoir été présents sur le terrain les 26 et 27 mai.

Il y a donc au total 20 mineurs et 8 adultes portés disparus, 13 blessés, les deux missionnaires Matha Janet Pérez et Nubia Salamanca ont été remises en liberté et ont été, selon la police “ retenues afin de s'assurer de leur identité et vérifier leurs antécédents”. Il faut rajouter à ces faits l'incendie des stands et de la perte de plusieurs objets personnels et d'équipement de communication (téléphones portables, argent, mégaphones, ustensiles de cuisine, etc...).

A l'heure actuelle, les communautés sont rassemblées en deux endroits : “la route Medellin-Quibdo est toujours bloquée et sur la route entre Pereira et Quibdo, ils sont toujours le long de la route manifestant, chantant et protestant jusqu'à ce que les revendications de l'association Orewa soient prises en considération.”

ICRA vient d’envoyer une lettre de protestation aux autorités colombiennes.

Vous aussi, soutenez les Embera en écrivant au Président de la République colombienne
Télécharger, imprimer et envoyer la lettre au Président colombien

Version française de la lettre