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Actions urgentes

Chili : soutien aux prisonniers-ières politiques mapuche

Le 10 octobre dernier, les prisonniers-ères politiques mapuche de la prison d’Angol ont commencé une grève de la faim.
Patricia Troncoso Robles a poursuivi la plus longue grève de la faim du Chili.
ICRA a rejoint le Collectif de soutien au peuple Mapuche et a écrit à la Commission européenne.
Fin janvier 2008, les grévistes cessent leur grève de la faim.

Conférence de presse du Collectif de soutien le 25 janvier

Ce vendredi 25 janvier, le Collectif de soutien au peuple Mapuche (Terre et Liberté pour Arauco, Fidh, AI, FL, Nitassinan, ICRA, etc.) était réuni dans les locaux du Mrap à Paris, avec le parrainage et la présence de Mme Danielle Mitterrand, pour une conférence de presse.

Dernier communiqué du Collectif remis à la presse

Depuis la fin de la dictature dirigée par le Général Pinochet, la situation des peuples autochtones au Chili s'est dégradée. L'élection d'une présidente sous étiquette socialiste et la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones n'ont rien changé. Les militants du peuple mapuche (Peuple de la Terre) qui luttent pour la reconnaissance de leurs droits, la récupération de leurs territoires et la préservation de leurs ressources naturelles contre la dévastation des entreprises forestières et minières, sont poursuivis et jugés en vertu de lois antiterroristes datant de l'époque de la dictature, et subissent une persécution militaire d'un autre âge.

Dans ce contexte et pour ces raisons, depuis plus de 100 jours, Patricia Troncoso Robles, prisonnière politique mapuche, poursuit la plus longue grève de la faim du Chili. Elle est au seuil de la mort. Quatre autres codétenus politiques mapuche l'ont accompagnée pendant plus de deux mois dans cette grève et deux autres l'ont rejointe solidairement. Au prix de sa vie, elle revendique, avec les autres prisonniers, la libération immédiate de tous les prisonniers politiques mapuche, la démilitarisation du territoire mapuche, la fin de la répression des communautés en conflit et le respect de leurs droits territoriaux , revendications auxquelles notre Collectif adhère pleinement.

Dans ce contexte très répressif et injuste, l'Etat chilien continue l'occupation militaire des territoires mapuche et multiplie dans les communautés de brutales perquisitions accompagnées d'humiliations racistes.

Jeudi 3 janvier, Matias Catrileo, jeune étudiant mapuche âgé de 22 ans, a été tué d'une balle dans le dos par la police militaire, lors d'un acte de récupération de terres. Nous demandons la mise en place immédiate d'une commission composée de membres de la société civile, pour enquêter sur sa mort, de même que nous demandons que son meurtrier soit jugé par un tribunal civil et non par un tribunal militaire .

Pour mémoire, le 7 novembre 2002, un jeune mapuche de 17 ans, Alex Lemun, a été atteint mortellement par le tir d'un officier de police, lors d'une occupation de terres. Son meurtrier a été acquitté par un tribunal militaire et est monté en grade peu après. Dans la nuit du 21 août 2006, José Domingo Collihuin Catril, âgé de 71 ans, a été tué dans sa propre communauté pendant une perquisition policière. L'enquête est toujours en instruction.

Nous demandons la suppression de la loi antiterroriste promulguée pendant la dictature et appliquée, ces vingt dernières années, exclusivement aux luttes sociales et territoriales.

Nous demandons à l'Etat chilien d'appliquer enfin la Déclaration des Droits des Peuples Indigènes, adoptée le 13/09/2007 par l'Assemblée Générale des Nations Unies, et de ratifier dans son intégralité la Convention 169 de l'Organisation Internationale du Travail
.

Comité de Soutien au Peuple Mapuche
    AlterKonexions, Association Apatapela (Marseille), Association Kakiñe, Association La Aldea, Association INTIFRANCE (Toulouse), Association Pueblo, Association RELMU , Paris, Association Terre et Liberté pour Arauco, Collectif Caracol (Marseille), Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques - Nitassinan, Icra International, La Cucaracha Festival, Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples, Réseau d'Information et de Soutien au Peuple Mapuche, etc.

Communiqué des prisonniers-ères d’Angol

Sixième communiqué des prisonniers politiques mapuches en grève de la faim

Aujourd’hui vendredi 30 novembre nous en sommes à 51 jours de grève de la faim, nous demandons notre liberté et la liberté de tous les prisonniers politiques mapuches qui sont emprisonnés dans différentes prisons de l’état chilien, nous exigeons la démilitarisation des zones en conflit qui affectent les communautés mobilisées pour leurs droits territoriaux et politiques.

Nous informons que notre état de santé est gravement détérioré en raison d’une importante perte de poids, et que nous présentons des problèmes graves avec des symptômes de nausées, des problèmes visuels, des infections des reins, situation qui affecte particulièrement ceux d’entre nous qui souffrent de maladies antérieures à l’incarcération.

Que selon les rapports médicaux y compris provenant de la gendarmerie nous sommes arrivés à une étape critique de la grève, raison pour laquelle le tribunal de Temuco a décidé d’appliquer des mesures pour protéger nos vies, ce qui implique, le transfert vers des hôpitaux et des injections forcées de sérum.

Concernant ces mesures nous avons décidé de maintenir l’unité et de résister à toute forme de protection qui nous serait imposée, et de réaffirmer notre ferme décision de mener à bien cette mobilisation.

Nous voulons dire clairement que, à cette date, il n’y a aucune réaction de la part des autorités et du gouvernement que nous avons sollicité depuis le début de notre action pour qu’il s’implique directement et intervienne dans la recherche d’une solution réelle et effective concernant nos demandes que ce soit au niveau politique ou judiciaire, bien que certains secteurs de la société comme l’église se soit prononcé pour agir comme médiateur dans ce conflit.

Nous voulons enfin dénoncer la forte répression dont a été l’objet toute forme d’expression de la lutte mapuche de la part de ceux qui nous accompagnent dans cette lutte, et en particulier sur les communautés mobilisées ou les organisations de mapuches urbains qui sont sortis dans la rue pour manifester avec beaucoup de dignité pour appuyer notre grève, nos camarades ont été détenus et fortement frappés.

Enfin nous lançons de nouveau un appel à notre peuple pour qu’il reste vigilant sur les prochains événements qui vont se produirent concernant cette mobilisation
”.

Prisonniers politiques mapuches Angol Cañete, 30 novembre 2007
Photographie : Patricia Troncoso Robles, prisonnière politique mapuche en grève de la faim

La justice autorise le transfert des prisonniers mapuches en grève de la faim

La cour d’appellation de Temuco a autorisé le 5 décembre la gendarmerie à interner dans un centre hospitalier, si cela s’avère nécessaire, les cinq mapuches qui sont en grève de la faim depuis le 10 octobre dernier. Le recours de protection, déposé par le chef régional du service des prisons, a été voté unanimement par les juges du tribunal de la Araucanie, cette demande porte sur une autorisation de transfert vers un hôpital les prisonniers politiques José Huenchunao Mariñan, Héctor Llaitul Carillanca, Florencio Marileo Saravia, Juan Millalen Milla y Patricia Troncoso Robles. (…)

La gendarmerie est autorisée, en cas d’urgence, à procéder à l’internement des grévistes sous protection, dans un centre hospitalier, avec l’objectif de leur apporter la plus grande attention aux fins signalées antérieurement.

Journal la Nation du 5 décembre 2007

Suivi de campagne

Lettre d’ICRA à la Commission Européenne

CP du Collectif de soutien au peuple Mapuche du 9.01.08

Plus d’informations sur le site mapuche.free.fr

Documentaire de Latitude21 sur les revendications Mapuche

Fin de la grêve de la faim

Patricia Troncoso, prisonnière politique mapuche vient de cesser la plus longue grève de la faim dans l'histoire du Chili. 112 jours sans se nourrir. Trois autres de ses codétenus politiques mapuche l'ont accompagnée dans cette grève pendant plus de deux mois et deux autres l'ont rejoint solidairement.

Communiqué de Terre et Liberté pour Arauco

L'État chilien reste toujours sourd à leurs revendications. C'est l'Eglise catholique chilienne qui est intervenue en tant que médiateur pour négocier la fin de sa grève en échange d'un aménagement minimum des conditions de détention pour elle et deux de ses codétenus.

Sa longue grève de la faim de 110 jours a permis de renforcer le mouvement autonome mapuche au Chili et d'élargir son soutien à l'extérieur. Un grand nombre de nouveaux militants ont joué un rôle important pour briser la chape de plomb imposée par les médias chiliens et étrangers.

Cette grève a révélé une fois de plus le visage du Chili réel et a réveillé les consciences de beaucoup de Chiliens qui jusque-là doutaient de la légitimité des revendications du peuple mapuche.

L'assassinat de Matias Catrileo, le 3 janvier, celui d'Alex Lemun en 2002, celui de José Domingo Collihun en août 2006, n'ont pas été vains. A la mémoire de ceux qui sont tombés, il est important de continuer à soutenir les revendications du peuple mapuche.

La lutte doit continuer pour la libération de tous les prisonniers politiques mapuche, la révision de leurs procès, la fin de la militarisation et de la répression dans le territoire mapuche
.

ICRA remercie les membres du Collectif de soutien au peuple Mapuche et toute les personnes ayant pris part à cette campagne de soutien qui continue.