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Actions urgentes

Soutien aux Jumma du Bangladesh

Le 20 avril dernier, des dizaines de colons bengalis ont attaqué des villages autochtones jummas dans le Sud-Est du Bangladesh. Malgré une chape de plomb maintenue par le régime militaire au pouvoir à Dhaka sur les informations, des journalistes ont fait état de blessés et de plusieurs centaines de maisons détruites par les flammes.
ICRA vient d’écrire aux autorités du Bangladesh
Des dizaines de blessés ont été comptés parmi la population jumma attaquée, et on rapportait par ailleurs un grand nombre de viols parmi les femmes jumma.
Les victimes de l’attaque, qui s’est déroulée avec la bénédiction et la complicité de l’armée bangladeshi, ont du prendre la fuite dans les jungles de la région des Chittagong Hill Tracts, toute proche de la frontière avec la Birmanie. L’aide d’urgence apportée par les autorités dans les jours suivants l’attaque n’a en conséquence pu bénéficier qu’à un nombre très limité de jummas. Par ailleurs, les maisons de ceux qui ont été épargnés par les incendies criminels ont été cambriolées et vandalisées par les colons bengalis.

La stratégie de provocation des autochtones de la part des colons bengalis s’amplifie

La région des Chittagong Hill Tracts (CHT), ethniquement et historiquement proche de l’Inde, mais rattachée au Bangladesh, abrite une dizaine de groupes autochtones communément appelés jummas en raison de leur pratique traditionnelle de la culture sur brûlis (jum). Les jummas pratiquent en majorité la religion bouddhiste et certains groupes sont restés animistes ou ont été christianisés.

La singularité de leurs langues, cultures et identités, en font des proies faciles de la machine colonisatrice du gouvernement de Dhaka, qui envoie chaque année des dizaines de milliers de colons s’installer sur les hautes et riches terres des jummas, afin de désengorger les plaines du Bangladesh en proie aux fréquents raz-de-marée et inondations.

Suite à un conflit armé qui opposa les jummas au gouvernement bangladeshi, un Accord de paix fut signé en 1997, incluant des réformes clés telles que le retrait des postes de l’armée des CHT, et le transfert des pouvoirs vers les autorités traditionnelles. Depuis, l’Accord est resté lettre morte, la présence de l’armée dans la région n’a pas diminué, alors que les colonisations de terres de la part de bengalis venus des plaines se sont amplifiées de façon exponentielle. Les récentes attaques de colons contre la population autochtone jumma mettent en péril le calme précaire qui règne dans la région et apporte de l’eau au moulin de ceux qui prônent le retour aux armes.

En accord avec nos correspondants jummas au Bangladesh, ICRA vient d’envoyer un courrier – via l’ambassade du Bangladesh à Paris - à différentes autorités politiques et militaires du Bangladesh afin de demander l’ouverture d’une enquête sur cet incident, le jugement des responsables, l’indemnisation des victimes et l’arrêt de la colonisation des CHTs.

    Extraits de la lettre

    In 1997 the government and the Jummas signed a peace accord that committed the government to removing military camps from the region and to ending the theft of Jumma land by settlers and the army. The accord offered hope, but military camps remain in the Hill Tracts and violence and land grabbing continue.

    On April 21, 2008, the Jummas of the Sajek district located in the North of The Chittagong Hill tracts have suffered violence from illegal settlers and 150 houses were criminally torched, all this backed by a contingent of the national army.

    We ask you :
    - to initiate an enquiry and report on these criminal facts,
    - to prosecute those responsible,
    - to provide compensation to victims,
    - as well as to completely stop rehabilitations of bengalis in the CHTs.

    We are keeping the international opinion informed of these unacceptable violations of human rights et urge you to put theses requests into action without any delay”
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