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Actions urgentes

Guyane : Pour que cesse l’orpaillage clandestin dans le Haut Maroni

ICRA s’associe à l’appel au secours des Amérindiens Wayana et Teko de Guyane afin que les autorités reprennent leurs activités destinées à stopper l’orpaillage dans la région du Haut Maroni.
ICRA a écrit au préfet de Guyane et au Ministre J.L. Borloo.
Nous venons de recevoir une réponse de la préfecture de Guyane
.
Appel du Grand Man Wayana, chef des Wayanas, Touenké Amaïpoti

“Depuis mars 2008, la région du Haut-Maroni est accablée par la présence constante et accélérée d’orpailleurs clandestins. Ces orpailleurs transitent d’abord du côté surinamais avant de rejoindre les rives françaises.

C’est jour et nuit que les piroguiers remontent le cour du Maroni à raison d’une quinzaine de pirogues par semaine. Le résultat de cet orpaillage acharné s’observe de façon flagrante rien qu’en observant la turbidité de l’eau. Le fleuve est devenu aux yeux de tous le monde, méconnaissable.
La situation est devenu dramatique pour toutes les populations qui vivent aux abords des fleuves Tampok et Litani. Il est maintenant devenu impossible de boire l’eau, de se baigner et de se laver.


La pêche traditionnelle ou pas n’est plus possible, sans parler de la forte concentration en mercure que doivent absorber les poissons. La navigations est devenue dangereuse, car l’observation des rochers affleurants est impossible. De plus, la présence des clandestins crées une véritable situation d’insécurité. En effet, les clandestins qui non seulement tue les gibiers protégés (singes atèles, tatous à neuf bandes…), s’en prennent aussi aux poissons et à la pharmacopée, vont jusqu’à dérober les cultures des abattis et sont capables de menacer les gens qui y cultivent ou qui chassent en pleine forêt.

Le résultat de cette présence clandestine est sans appel : apparition de la prostitution, du trafic de drogues (cocaïne, cannabis, alcool…), de commerces illicites (chinois, brésiliens), disparition de l’eau potable et de la nourriture pour les habitants du fleuve. Apparition de maladies cutanées, gastriques, ORL, rendant les grossesses inquiétantes et le développement des enfants nouveaux nés ou en bas âge, incertains. Tous ces sentiment de peur et d’injustice sont forts, sans parler de celui du pillage de la richesse du sous-sol Guyanais.

(…)Toutes ces richesses qui sont dérobées sans aucune concertation, en totale impunité, amène l’ensemble de la population Wayana, Emérillon, Apalaï, et les fonctionnaires d’état…à vous informer de cette situation urgente et intolérable face à laquelle notre état français ne prend aucune initiative déterminante. Les opérations Anaconda et harpi ont été supprimées au grand désarroi de la population.

    Nous vous demandons de mettre en place des postes de surveillance à Petit- Maruini et à Cayodé afin d’empêcher les clandestins de rejoindre la crique Lipolipo, cela dans le but de nettoyer à la fois nos forêts et notre fleuve et de protéger nos modes de vie mais aussi et purement nos vies”.

Appel co-signé par l’ensemble des capitaines (chefs coutumiers) des villages de Cayodé, Twenké, Taluwen, Antecum Pata et Elahé

Pour agir, vous pouvez :
• soit signer en ligne la pétition de cyberacteurs à l'initiative de cette campagne
• soit envoyez un courriel au préfet de Guyane pour lui demander des mesures urgentes pour stopper l’orpaillage dans le Haut Maroni.

1. Ouvrez un nouveau message dans votre boîte de courrier électronique
2. Copiez l’adresse ci-contre et collez-la dans le message comme destinataire :
Courrier@guyane.pref.gouv.fr
3. Copiez le message entre #### ci-dessous et collez le dans votre nouveau message.
4. Ajoutez un sujet/titre
5. Remplissez vos coordonnées, signez et envoyez le message !

####

Monsieur Jean-Pierre LAFLAQUIERE
Préfet de la Région Guyane

Monsieur le Préfet,
Dans la presse actuelle (France-Guyane du 22 septembre 2008), un appel au secours des Amérindiens des villages wayana et teko vous est adressé. L’ensemble des capitaines (chefs coutumiers) des villages de Cayodé, Twenké, Taluwen, Antecum Pata et Elahé demandent que des mesures urgentes et efficaces soient immédiatement prises par les services de l' Etat pour endiguer, stopper, ralentir les activités néfastes d'orpaillage illégal. Les principales rivières et criques le long desquelles vivent les amérindiens wayana et teko sont polluées, les activités de pêche traditionnelle deviennent impossibles, les animaux-gibiers sont chassés à outrance, et les orpailleurs clandestins sont une menace pour les amérindiens qui cultivent leur abattis ou chassent en pleine forêt.

L'activité d'orpaillage clandestin est alimentée par les pirogues qui approvisionnent la région en passant par les fleuves Tampok, Waki, Litani et Marouini, et les communautés amérindiennes vous demandent de faire mettre en place immédiatement des postes de contrôle et surveillance afin d'empêcher de façon durable les orpailleurs clandestins d'être approvisionnés en essence, moteurs, munitions, ....

Par la présente, je vous demande instamment, Monsieur le Préfet, de considérer très sérieusement cet appel au secours des habitants des fleuves, et d'ordonner dès à présent aux services de l' Etat la mise en oeuvre immédiate de mesures efficaces pour lutter contre l'orpaillage clandestin dans la région du Haut-Maroni.

Il s'agit pour le gouvernement d'une question de crédibilité dans la mise en œuvre effective des actions découlant du Grenelle de l'environnement dont la loi sera prochainement en débat à l'assemblée nationale.

En vous remerciant, recevez, Monsieur le Prefet, mes respectueuses salutations.
####

Suivi de Campagne

La préfecture de Guyane répond à ICRA – octobre 2008 - .

Suite à notre courrier relayant les demandes des communautés du Haut-Maroni, nous avons reçu une réponse du directeur de cabinet du préfet de Guyane. Extraits :

En matière de lutte contre l’orpaillage, les services de l’état en Guyane attachent une importance particulière au secteur du Haut-Maroni. Ils y assurent depuis plusieurs années une présence régulière qui est renforcée depuis le début de l’opération Harpie en mars 2008.

Tout récemment encore des rencontres ont eu lieu entre les acteurs de la lutte contre l’orpaillage illégal et le Gran Man Amaïpoti afin de trouver les meilleures solutions et de confirmer la volonté de l’état de lutter contre ce fléau. Plusieurs opérations sont par ailleurs en cours. On constate en effet sur certains secteurs au sud du Maroni une dégradation récente de la situation. C’est ainsi qu’une action coordonnée des forces armées en Guyane et de la gendarmerie a été menée début octobre 2008 sur le secteur de la Lipo Lipo, à proximité du village d’Antécume Pata.

Par ailleurs une base opérationnelle composée de militaires de la gendarmerie et des forces armées vient tout juste d’être installée sur le village de Twenké afin de contrer le flux logistique fluvial qui alimente les sites illégaux du Haut-Maroni.
Enfin, les autorités surinamiennes, en concertation avec leurs homologues français, ont entrepris les premières opérations de lutte contre l’orpaillage clandestin sur la rive occidentale du Maroni en août dernier. Nous souhaitons vivement que de telles opérations concertées se renouvellent car elles constituent l’une des clés de traitement de ce trafic
.

L’opération Harpie a fait considérablement progresser l’action de l’état en matière de lutte contre l’orpaillage clandestin. Elle se poursuit sans relâche.

L’état en Guyane est plus que jamais déterminé à poursuivre l’effort engagé afin d’assurer aux populations amérindiennes les conditions de sécurité auxquelles elles ont droit. Il apportera un soutien sans faille à tous ceux qui affichent clairement leur volonté de lutter contre ce fléau
”.
Cayenne le 10 octobre 2008