ICRA vous informe...
mailing-list
Inscrivez-vous à nos mailing-list! et recevez toutes nos informations sur les peuples autochtones.

Actions urgentes

Bolivie : Les peuples Yuracaré, Mojeño et Chiman menacés par un projet routier

Le Tipnis jouit du statut de parc national depuis 1965 et fut reconnu en tant que territoire indigène en 1990. Mais ce n'est qu'en 2009 que l'appartenance ancestrale de ces terres à ses habitants a été reconnue par l'Etat. Jusqu'à présent, les montagnes, les vallées, les rivières et les lacs desquelles dépendent les 64 communautés y résidant sont restés préservées. Toutefois cette réussite s'écroulerait si le projet de construction d'une route, reliant Villa Tunari et San Ignacio de Moxos, traversant et divisant en deux ce Territoire, était mis en oeuvre par les autorités.
Vous pouvez vous aussi participer à la campagne contre la construction de cet axe routier.
Le président brésilien Lula da Silva et son homologue bolivien Evo Morales ont scellé l'accord de construction de cette route qui fait polémique. Le Brésil est le premier acteur intéressé dans la construction d'une voie de 306 km qui le rapprochera de l'Océan Pacifique, facilitant ses exportations d'agrocombustible et de soja. Il est ainsi prévu que le Brésil finance 80% des 415 millions de dollars (315 millions d'euros) du coût du projet (1 million d'euros par km!). La Bolivie bénéficierait d'une connexion du département de Cochabamba, situé au centre du pays, avec le département du Beni sans devoir passer par le département de Santa Cruz. Cela permettrait plus de contrôle sur cette zone, souvent en conflit. Le projet fait partie de l'Initiative pour l'Intégration de l'Infrastructure Régionale Sud-américaine (IIRSA), dont l'objectif est de promouvoir la construction d'infrastructures (voies, routes, oléoducs, ports, trains, barrages et lignes téléphoniques) dans le continent.

Néanmoins, les communautés autochtones affectées n'ont pas été consultées sur ce projet, constituant une transgression des lois et de la toute nouvelle Constitution politique de l'État. De plus, les études d'impact  environnemental ont négligé l'avis de la population. Cette route condamnerait à l'extinction les populations indigènes Yuracaré, Mojeño et Chiman. Cettre route causerait la destruction irrémédiable de cet écosystème, car facilitant l'arrivée des colonisateurs, des narcotrafiquants, des entreprises pétrolières, des entreprises forestières et produisant une expansion de la frontière agricole. L'Etat n'a pas la capacité d'empêcher toutes ces invasions : il est un fait connu que chaque fois qu'une route est ouverte dans une région vierge, elle entraîne la destruction totale de cette dernière.

Les communautés indigènes affectées s'opposent catégoriquement à l'exécution de ce projet. Elles ne permettraient même pas que la route longe le parc national : “Notre intérêt est que notre territoire reste (intègre) intact”. Depuis la Bolivie, ces communautés nous disent : “nous avons besoin de la solidarité et de nombreuses voix”. C'est pour cela que nous avons besoin de votre soutien pour écrire au président bolivien Evo Morales en lui rappelant son engagement envers les peuples indigènes, leurs droits et ceux de la Terre Mère.

ICRA vient d'envoyer un mail de protestation au président Morales.
Vous pouvez vous aussi soutenir cette campagne en signant la pétition lancée par l'ong Sauvons la forêt.


Suivi de campagne

Bolivie : halte de la marche indigène pour un dialogue avec le gouvernement

La marche de 600 km d'un millier d'Indiens amazoniens de Bolivie, qui protestent contre un projet routier à travers un parc naturel, a été suspendu fin août, le temps d'un dialogue engagé avec le gouvernement, ont annoncé des sources officielles. Les Indiens partis il y a dix jours de Trinidad (nord), faisaient une pause dans le village de Puerto San Borja, a 500 km au nord-est de La Paz, où deux ministres participaient à des discussions avec les dirigeants indiens, notamment sur un possible changement du tracé de la route controversée.

Nous avons fait une proposition de six tables de travail?, a déclaré dans ce village le ministre du Développement productif, Mme Teresa Morales, citée par des médias boliviens.
Son homologue des Travaux publics Walter Delgadillo a salué l'arrêt de la marche, geste d'ouverture des dirigeants indiens.v
Les marcheurs, mobilisés notamment au sein de la Confédération des indigènes de l'Orient bolivien (Cidob), contestent un projet de route entre Villa Tunari et San Ignacio de Moxos, axe de désenclavement au centre de la Bolivie et vers le Brésil voisin.

La route de 306 km, dont le Brésil est bailleur de fonds et maître d'ouvrage, doit traverser une réserve écologique d'un million hectares, où vivent plus de 50.000 Indiens moxenos, yurakarés et chimanes
.
Les dirigeants de la marche avaient refusé ces derniers jours des offres de dialogue du gouvernement, exigé la présence sur place du président socialiste Evo Morales, puis de plusieurs ministres.

Le pouvoir a pour sa part accusé les marcheurs d'être manipulés, et M. Morales s'est ému ce week-end de contacts téléphoniques entre l'ambassade des Etats-Unis et les dirigeants indiens. L'ambassade a démenti un quelconque appui à la marche, et évoqué seulement un dialogue habituel avec des secteurs de la société.

Bolivie : les marcheurs indiens accueillis en héros à la Paz

La capitale bolivienne La Paz a accueilli triomphalement mercredi 19 octobre 2011 quelque 2.000 indiens amazoniens qui ont parcouru 600 kilomètres à pied en deux mois pour protester contre un projet de route traversant un parc naturel.
Les marcheurs seront reçus ce jeudi par le président Evo Morales, qui s'est résolu à les appeler au dialogue mardi soir après avoir refusé d'aller à leur rencontre ces dernières semaines.
Nous verrons si le président Morales est prêt à répondre à nos exigences, a annoncé Fernando Vargas, un des leaders de la marche, dans une allocution pleine de détermination clôturant le parcours.

Au terme d'un périple entamé le 15 août à Trinidad (nord-est), les marcheurs ont été accueillis mercredi par des dizaines de milliers de personnes massées le long des rues escarpées de la capitale.
Les nombreux badauds et représentants de la société civiles et d'ONG ont accompagné le cortège avec des chants et des slogans, tout en brandissant des drapeaux tricolores boliviens et des banderoles blanches ornées du patuju, une fleur amazonienne qui figure parmi les symboles nationaux du pays andin.
Pourvu que cet accueil (de la population) serve de message aux autorités, a exhorté M. Vargas.
Dans l'après-midi, les marcheurs ont atteint leur but, la place Murillo, où est situé le palais Quemado, siège de l'exécutif, avant de rejoindre la place de l'Eglise San Francisco, située à quelques centaines de mètres, pour y assister à une messe.

Ceux qu'on appelle indigènes en Bolivie exigent l'annulation pure et simple d'un projet contesté de route de 300 kilomètres reliant deux provinces enclavées et qui doit couper sur 177 kilomètres le parc naturel amazonien du Tipnis.
Ils ont adressé au gouvernement une liste de doléances en 16 points demandant la préservation de leur habitat et la réaffirmation de leur droit à vivre dans un milieu naturel préservé
.

Nous sommes venus dire (au gouvernement) que nous ne nous démobiliserons pas tant que le dernier des 16 points de notre plateforme ne sera pas satisfait. Quand à la route, elle peut être construite, mais en dehors du Tipnis, a encore déclaré M. Vargas.

Le 25 septembre, les marcheurs avaient été victimes d'une tentative de dispersion musclée par la police ayant fait 74 blessés selon un bilan officiel.
Cet incident avait provoqué une vague d'indignation, une grève générale, et plusieurs démissions au sommet de l'Etat, dont celles de deux ministres.
Face à la pression des marcheurs et de l'opinion, le président socialiste avait suspendu le projet début octobre et promis une consultation dans les provinces concernées, mais il avait aussi suggéré que son résultat n'aurait pas valeur contraignante.
Au delà des dégradations provoquées par les travaux, les indiens craignent l'arrivée de planteurs de coca, voire d'entreprises d'exploitation d'hydrocarbures, qui selon eux convoitent certains terrains du Tipnis, parc naturel d'un million d'hectares et territoire ancestral de 50.000 indiens.
Tipnis si! Coca No!, scandaient en coeur les soutiens du cortège mercredi à La Paz
.

Evo Morales, premier président amérindien (aymara) élu en 2005 et réélu en 2009, traverse une phase délicate en se voyant contesté par une partie de sa base indienne et de son électorat d'origine modeste fragilisé par la situation économique.

La terre-mère, les zones protégées et les indigènes ne peuvent être détruits sous un gouvernement indigène, a insisté M. Vargas, tout en appelant la population à rester vigilante face à l'attitude du gouvernement pendant les négociations à venir.

Bolivie: Morales suspend le projet routier

Novembre 2011. La décision du président bolivien intervient suite aux manifestations des Indiens d’Amazonie contre ce projet de route à travers leur territoire. Ces manifestations ont été durement réprimées mais ont abouti à la suspension provisoire du projet.

Une ministre de la Défense qui démissionne, des images de la violente répression policière envers les manifestants indigènes, et une salve de critiques contre le gouvernement, y compris de la part des Nations unies. C’en est trop pour le président Morales qui décide de faire marche arrière: “Il y aura un débat national, un débat au sein du peuple bolivien, pour que ce soit lui qui décide; et plus spécialement les deux régions concernées par le projet”. Pendant ce temps, la construction de la route est suspendue. De leur côté, les Indiens d’Amazonie souhaitent l’annulation pure et simple du projet de construction et surtout, ils demandent, comme l’exige la Constitution, la consultation des peuples indigènes vivant sur le territoire concerné par la future route et non pas un référendum auprès d’une population plus large.

Face à l’appui croissant reçu par les Indiens qui s’opposent au projet routier, Evo Morales a décidé de jouer l’apaisement. Reste à savoir si cela sera suffisant pour clore un conflit qui a déjà fait beaucoup de mal à l’image du premier président indigène de Bolivie.
Lundi 26 septembre 2011, la ministre de la Défense, Cecilia Chacon, a démissionné du gouvernement pour marquer son désaccord avec cette violente répression qui a fait plusieurs blessés. Les manifestants dénoncent même la mort d’au moins un bébé, information démentie par le président Morales. L’intervention policière a généré de très nombreuses critiques envers l’attitude du gouvernement d’Evo Morales. Yoriko Yazukawa, la représentante des Nations unies en Bolivie, a ainsi “profondément déploré” la violence policière et a appelé le gouvernement à “respecter le droit des manifestants indigènes”. Le président bolivien, lui-même amérindien, est notamment accusé d’avoir “trahi les siens”, alors que différentes manifestations de soutien aux manifestants se sont déroulées dans plusieurs villes du pays. D’autres sont encore prévues dans les jours qui viennent.

Evo Morales a également qualifié “d’impardonnable” la violence de l’intervention policière qui a dispersé dimanche les opposants à la route et s’est dit disposé à accueillir une enquête internationale sur les agissements des forces de l’ordre. Empêtré dans un conflit qui dure depuis plus d’un mois, le président Evo Morales joue très gros sur le plan politique.

Après l'annonce de l'abandon du projet, qui devait être financé par le Brésil, Fernando Vargas, un des représentants indiens, s'est réjoui que “le gouvernement a fini par comprendre qu'il ne pouvait pas détruire un parc national. Je ne sais pas si c'est parce qu'il a compris ou parce qu'il a cédé sous la pression de la marche”, a-t-il quand même noté.

Un millier d’indigènes avaient entamé, il y a 41 jours, une longue marche de 600 km en direction de La Paz pour faire annuler la construction de cette route qui doit traverser leur territoire ancestral, peuplé de 50 000 Indiens. Ce chantier de route reliant les provinces de Beni (nord) et Cochabamba (centre), devait couper une réserve écologique d'un million d'hectares, terre ancestrale de 50 000 Indiens amazoniens.

La COICA condamne la criminalisation du mouvement autochtone

(9/2013) La Coordination des Organisations Autochtones du Bassin Amazonien (COICA) vient de publier une lettre de soutien à des dirigeants autochtones des Basses Terres de Bolivie contre lesquels l’Etat bolivien a lancé un mandat d’arrêt pour n’avoir pas répondu à une convocation de la justice.
Ce projet routier à travers le parc national du Tipnis et ls territoires autochtones mobilise le mouvement autochtone des Basses Terres depuis plusieurs années et est à l’origine de la rupture de l’alliance politique entre les organisations autochtones du pays et le gouvernement d’Evo Morales.

La Confédération autochtone de Bolivie (CIDOB) a organisé deux marches, en 2011 et 2012, pour tenter de mettre fin au projet. La première fût violemment dispersée par la police dans la localité de Chaparina. Cette intervention avait suscité de nombreuses condamnations tant nationales qu’internationales.

Ce mandat d’arrêt génère un vaste mouvement de solidarité envers les trois dirigeants appréhendés par la justice d’Etat. Des organisations autochtones et des organisations citoyennes veillent sur les locaux dans lesquels se sont réfugiés les trois dirigeants et font barrage à toute intervention policière.

La lettre de la COICA :
Non à la répression de la CIDOB, de ses dirigeants et de leurs droits

En tant que coordination articulant des confédérations nationales autochtones d’Amazonie de 9 pays sud-américains, la Coordination des Organisations Autochtones du Bassin Amazonien (COICA) condamne la répression politique et le mandat d’arrêt établi à l’encontre des dirigeants amazoniens Adolfo Chávez (président de la CIDOB), Pedro Nuny (Ex vice-président de la CIDOB) et Fernando Vargas (président de la Sous Centrale TIPNIS).

La répression à l’égard du mouvement autochtone amazonien se poursuit. Celle-ci a commencé avec l’imposition d’un projet de route ne bénéficiant qu’aux seuls producteurs de feuilles de coca et destructrice d’un million d’hectares de forêt. Elle s’est poursuivie avec la répression de Chaparina (marche autochtone de 2011 contre le projet de route devant traverser le TIPNIS), puis par la tentative gouvernementale de diviser la CIDOB, l’occupation depuis 2012 de ses locaux par un groupe autonome de la CIDOB proche du gouvernement, par des actes d’intimidation auprès d’organisations ou de personnes soutenant la CIDOB. Le prétexte donnant lieu à ce mandat d’arrêt.

Le prétexte cette fois est d’appliquer de manière indue la "justice ordinaire" à un cas de “justice communautaire” : le 20 juin, les autorités traditionnelles du TIPNIS (corregidores) ont appliqué la justice communautaire inscrite dans la Constitution (paragraphe I, article 190 : “Les peuples autochtones exerceront leurs fonctions juridictionnelles et leurs compétences à travers leurs autorités et appliqueront leurs principes, leurs valeurs culturelles, leurs normes et leurs procédures propres “ ) et dans la Loi 073 de Délimitation juridictionnelle. Ces autorités ont jugé le producteur de feuilles de coca Gumercindo Pradel, proche du Movimiento al Socialismo (MAS) et du gouvernement pour avoir négocié des parcelles individuelles sur le possible tracé de la route comme il l’avait fait préalablement dans une autre zone du TIPNIS. Les autorités traditionnelles l’a sanctionné par quelques coups de fouet et un acte d’engagement à ne plus revenir dans le TIPNIS pour agir contre les organisations autochtones locales. L’accusation de “tentative d’homicide” présentée par Pradel constitue une fausse accusation. Et le châtiment qui fût le sien n’est rien si on le compare aux évènements de Chaparina où des dizaines de femmes, d’hommes, et d’enfants ont été blessés, gazés et humiliés durant la répression de la 9ème marche de la CIDOB en défense du TIPNIS.

Les principes légaux qui octroient une égalité hiérarchique entre la justice autochtone et la justice ordinaire sont violés. Alors que le cas Chaparina reste impuni depuis deux ans, dans le cas Pradel, les mandats d’arrêt à l’encontre des dirigeants de la CIDOB ont été émis en 7 jours.
Le Tribunal Constitutionnel demeure la seule entité compétente en mesure d’examiner éventuellement le cas Pradel pour déterminer si ce dernier relève de la justice autochtone ou de la justice ordinaire.

Nous travaillons actuellement à l’organisation d’une mission diplomatique autochtone internationale cherchant le dialogue avec le Président Evo Morales pour que cesse l’injuste persécution de la CIDOB. Nous invitons Mirna Cunnigam, la Présidente du Forum Permanent des Peuples Autochtones à l’ONU ; Gerardo Jumi, le Coordinateur général de la Coordination Andine des Organisations Andines (CAOI) ; Humberto Cholango, Président de la Confédération Nationale Autochtone d’Equateur (CONAIE) ; Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix et d’autres personnalités internationales à se joindre à cette mission.

Nous demandons le dialogue, la pacification et une solution politique parce que cette répression est inutile. La CIDOB résistera. La solidarité avec le TIPNIS ne va cesser de croître tout comme le rejet mondial face au refus d’engager un processus de plurinationalité inscrit dans une longue histoire des luttes autochtones et populaire en Bolivie.

Pour la Défense du TIPNIS, de l’Amazonie, de la justice autochtone et de la Constitution Plurinationale de Bolivie, le Conseil directeur de la COICA.