Les habitants de la région de Varela en Guinée Bissau luttent depuis plus de quinze ans contre l'exploitation minière qui détruit leur environnement et ne leur rapporte rien. Ils appartiennent pour la plupart au groupe diola felupe, dont le territoire s'étend de part et d'autre de la frontière sénégalaise.
ICRA soutient le lancement d'une campagne de financement participatif pour que les habitants organisent une assemblée populaire à Varela afin de se déclarer peuple autochtone et obtenir la protection prévue par les conventions internationales.
Vous pouvez vous aussi les soutenir depuis le site Hello Asso
Depuis le début, les femmes sont à l’avant-garde de cette lutte écologique car traditionnellement, elle ont pour mission de prendre de soin de la terre, des cultures et de la santé des humains. L’organisation sociale et politique des diola felupe est régie par un système traditionnel, à la tête duquel se trouve un roi qui détient surtout une autorité spirituelle dans la religion animiste. Il n’a pas vraiment de « pouvoir » comme on l’entend en occident. Il gouverne en obéissant et ne peut aller à l’encontre de la volonté de son peuple, qui a dit non à la mine de zircon.
Face au pouvoir des militaires, qui gouvernent directement la Guinée Bissau depuis le coup d’État du 26 novembre 2025, le roi Simeng Outine et les populations de Varela, ont peu de moyens d’action . Elles ont essayé la mobilisation pacifique. Les femmes ont même brûlé les installations minières dans un accès de colère, ce qui leur a valu une dure répression. L’action juridique, elles n’y comptent guère. Il ne leur reste que l’appui international et la légitimité de leurs revendications en tant que populations ayant le droit de vivre dans un environnement sain, de décider par elles-mêmes de ce qui est bon pour le développement de leur région.
C’est pourquoi l’idée a germée parmi les personnes engagées dans la lutte, de revendiquer le statut de peuple autochtone. Cela leur permettrait d’obtenir les protections juridiques qui accompagnent ce statut, notamment le droit d’être consultés avant toute exploitation minière, et d’obtenir le soutien d’ONG qui agissent en faveur de la protection des peuples autochtones.
D’un point de vue socio-culturel, les populations de la région de Varela répondent à tous les critères. Malheureusement, l’Etat bissau-guinéen, comme la plupart des Etats africains ne reconnaît pas ce statut. Il leur reste donc une solution, organiser une assemblée populaire, avec les représentants de tous les villages concernés et les autorités traditionnelles, au cours de laquelle ils pourraient s’auto-déterminer en tant que peuple autochtone. La participation n’est pas limitée aux seuls diolas felupes afin de ne pas prêter le flanc aux divisions ethniques. Dotés de cette déclaration officielle, émanant de la volonté populaire, ils pourront ensuite entamer les démarches pour être reconnus par les organismes internationaux.
Plus d’informations et la possibilité de les soutenir sur le site Hello Asso

