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Guyane : Affrontements entre Amérindiens et orpailleurs clandestins

Des fusillades ont éclaté à deux reprises en moins d'une semaine en Guyane dans les villages amérindiens de Elahé et de Cayodé en amont du bourg de Maripasoula.
[22 Octobre 2007]
Les instituteurs des villages concernés ont dû quitter leur poste mercredi. Les violences sont liées à un racket des orpailleurs clandestins par des villageois, selon un élu de Maripasoula et une source proche de l'enquête.

Le premier coup de feu a eu lieu le week-end dernier à Elahé, puis il y a eu de nouveau des tirs la nuit de mardi à mercredi à Cayodé. Un Amérindien a été légèrement blessé ”, a déclaré à l'AFP un adjoint au maire de Maripasoula.

Les coups de feu auraient été tirés par des orpailleurs brésiliens, selon les premiers éléments de l'enquête de gendarmerie.

Elahé est le premier village amérindien à une heure de pirogue en amont de Maripasoula à la frontière fluviale du Surinam, accessible seulement par pirogue ou par la voie des airs. Elahé, comme Cayodé plus en amont, est aussi un point de Passage obligé vers les sites d'orpaillage clandestins de la rivière Waki .

Des habitants amérindiens d'Elahé et Cayodé pratiquent le racket sur les orpailleurs clandestins brésiliens pour les laisser passer en pirogue vers les sites illégaux. A Elahé, on se vante que les groupes électrogènes du village fonctionnent grâce au gasoil racketté sur le dos des orpailleurs”, a encore raconté l'élu de Maripasoula.

Ce racket existe depuis un peu plus d'un an”, a confirmé à l'AFP un orpailleur français de Maripasoula. “ Au départ, c'était lié à un ras-le-bol des habitants face à l'orpaillage clandestin. Les gens se font payer en pépites ou en carburant”, a-t-il ajouté.

Selon le commandant de la gendarmerie en Guyane, le colonel François Müller, la situation est vraiment préoccupante. Le militaire a ajouté: “ A Maripasoula, la population entretient des rapports extrêmement ambigus avec les orpailleurs clandestins. Vous avez une partie des habitants qui a peur, une autre partie qui profite de cet orpaillage clandestin et des instituteurs qui se retrouvent au milieu de tout ça quelques mois après avoir été nommés dans ces endroits complètement isolés du sud de la Guyane ”.

Selon le journal France-Guyane, ce ne sont pas les enseignants qui ont exercé leur droit de retrait, mais le rectorat qui leur aurait demandé de partir, contre leur volonté. Quant aux Amérindiens, plus que jamais abandonnés, empoisonnés par l'orpaillage, et maintenant terrorisés, l'heure est au désespoir, et, qui sait ?, à la résistance . On se croirait revenus à l'époque de Jean Béna et du préfet Vian ! Le capitaine de gendarmerie de Maripasoula commente : “ nous ne disposons pas encore d'informations ou de témoignages suffisants pour prendre des décisions ”.

Les Verts-Guyane s'indignent

Les Verts-Guyane s'indignent de la situation désastreuse existant sur le Haut Maroni, où la violence liée à l'orpaillage progresse continuellement. Dans cette région qui fait partie du Parc national et qui est également zone de vie des Communautés Amérindiennes de Guyane, l'État a renoncé depuis longtemps à ses pouvoirs de police et dénie aux habitants, parmi tant d'autres droits essentiels, le droit à la sécurité. Les villageois d'Elahé et Kayodé doivent désormais faire justice eux-mêmes .

Source : AFP, Blada.com, Les Verts-Guyane