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Nlle-Zélande: la ministre Albanel conteste la restitution d’une “tête maorie”

La ministre de la Culture Christine Albanel a demandé au préfet de Seine-Maritime de saisir le tribunal administratif de Rouen pour ”suspendre” la décision de la ville de Rouen de restituer à la Nouvelle-Zélande une “tête maorie”, a annoncé lundi 22/10 le ministère dans un communiqué.
[23 Octobre 2007]
La municipalité de Rouen avait indiqué le 9 octobre qu'elle restituerait le 23 octobre à la Nouvelle-Zélande une tête de guerrier maori momifiée et tatouée qui avait été donnée à son muséum à la fin du XIXème siècle par un particulier.

Mme Albanel rappelle que “les collections du museum de Rouen, comme celles de tous les musées de France, sont protégées par un régime juridique particulier, destiné à garantir l'intégrité du patrimoine de la Nation qui est en principe inaliénable”.

Ce régime ne fait pas obstacle à ce que certaines pièces sortent des collections publiques. Mais une telle décision suppose alors de recueillir l'avis d'une commission scientifique, dont le rôle est de vérifier qu'il n'est pas porté une atteinte injustifiée au patrimoine national", ajoute la ministre.

Or, souligne-t-elle, cette commission n'a “pas été consultée, alors même que les élus rouennais avaient été préalablement alertés sur les difficultés que soulèverait leur décision”.

Mme Albanel souhaite que “les problèmes éthiques particuliers liés à laconservation de restes humains dans les collections publiques fassent l'objet d'une réflexion approfondie”. Elle fait état de son "intention" d'organiser un colloque international pour “permettre l'échange des points de vue scientifique et éthique sur cette question”. Stéphane Martin, président du musée du Quai Branly, a été chargé d'organiser cette réflexion, ajoute le communiqué.

La municipalité de Rouen a malgré tout maintenu la cérémonie protocolaire organisée en mairie mardi matin 23/10 en présence de représentants de l'Unesco, de la communauté maorie et de l'ambassadeur néo-zélandais en France, Sarah Dennis.

L'ambassadeur néo-zélandais a précisé à l'AFP "ne pas avoir d'avis sur la situation légale en France", en soulignant que son pays était "très reconnaissant et profondément touché par le geste de la ville de Rouen".

Selon Mme Dennis, la pièce maorie, qui se trouve toujours dans les réserves du muséum, sera physiquement restituée en novembre.

Informations AFP

Commentaire d'ICRA : La ministre Albanel ne semble pas être au courant de l’adoption de la déclaration des droits des peuples autochtones par l’ONU en septembre dernier, où il est notamment question de restitution des biens spoliés mais également de réparation et de dédommagement pour préjudices subis. Il se pourrait bien que dans un avenir proche, la France soit obligée de rentre cette tête aux Maori, mais également de les dédommager… et nous nous en féliciterions.