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ActualitésEquateur : réduction de l’exploitation pétrolière en échange de compensationsL’Equateur désire renoncer à exploiter une partie de ses réserves pétrolières contre une compensation internationale favorisant les intérêts globaux, tels la lutte contre le changement climatique, la biodiversité et la protection des peuples indigènes.
[16 Mai 2008]
Fin 2007, le Président de l’Equateur Rafael Correa a présenté une initiative dont le but est de ne pas extraire le brut du projet pétrolier Ishpungo-Tambococha-Tiputini (ITT), situé au Parc National Yasuní. Cette proposition a pour objectif de contribuer de manière concrète à stabiliser le climat mondial, en évitant le rejet de grandes quantités de CO2 dans l’atmosphère. L’initiative du gouvernement équatorien, inédite dans l’histoire d’un pays producteur de pétrole, consiste à garder au sol près d’un milliard de barils de pétrole lourd en échange d’une compensation internationale à hauteur d’environ cinquante pour cent des recettes que l’Equateur percevrait dans le cas où ces réserves étaient exploitées.
Le Parc National Yasuní, situé en Amazonie équatorienne, est considérée comme une des zones au monde ayant la plus grande biodiversité. Dans une superficie d’environ 980000 hectares de bois humide tropical, ce Parc abrite 4000 espèces de plantes, 173 espèces de mammifères et 610 espèces d’oiseaux, en dehors des espèces qui restent encore à découvrir. Aussi, les communautés indigènes Tagaeri-Taromenani y vivent en isolement volontaire, situation que l’Etat équatorien reconnaît et protège. L’économie équatorienne dépend grandement du pétrole. Cette ressource a représenté 48% des exportations de l’Equateur entre 1972 et 2006 et un tiers des recettes de l’Etat équatorien entre 1995 et 2004. En 2006, 60% des exportations en dépendaient. Le camp pétrolier ITT renferme du pétrole d’environ 14,7 degrés API. Ses réserves prouvées et probables atteignent 920 millions de barils, chiffre correspondant à plus de 20% du total de réserves de pétrole de l’Equateur. L’exploitation pétrolière de l’ITT impliquerait une production d’environ 100.000 barils par jour de brut extra-lourd. Un délai de mise en place de cinq ans serait nécessaire pour parvenir à ce stade de production, qui se prolongerait pendant environ 13 années, avec une production stabilisée de 107.000 barils par jour, pour entrer dans une phase de déclin de douze années supplémentaires. En mettant en œuvre du modèle Yasuní-ITT, l’Equateur cesserait de percevoir 720 millions de dollars par an, tout en contribuant à atteindre les objectifs globaux de réduction des émissions de dioxyde de carbone et de conservation de la biodiversité du Parc National Yasuní. Le montant de ressources que l’Equateur cesserait de percevoir de par la mise en œuvre de cette initiative n’est pas négligeable pour un pays ayant une population de 14 millions d’habitants, et un revenu per capita d’un peu plus de 3000 dollars, et où presque 40% de la population vit dans des conditions de pauvreté. Cette initiative prend comme référence le concept des « Responsabilités Communes mais Différenciées », étant à la base des instruments juridiques internationaux des Nations unies sur le changement climatique. Dans l’hypothèse où cette proposition était mise en œuvre, l’Equateur éviterait l’émission d’environ 436 millions de tonnes de CO2. Selon des estimations, la neutralisation des émissions de l’ITT pourrait atteindre une valeur actuelle nette (VAN) d’environ 4 milliards de dollars pour la planète. Dans ce contexte, l’Equateur renonce à exploiter des réserves de pétrole et demande en revanche une compensation internationale favorisant les intérêts globaux, tels la lutte contre le changement climatique, la conservation de la diversité biologique, et la protection des peuples indigènes qui vivent en situation d’isolement volontaire. Un fonds fiduciaire a été créé pour administrer les ressources provenant de la compensation internationale, pour permettre à l’Etat équatorien d’exécuter des projets destinés à réduire les impacts du changement climatique, et à promouvoir de nouvelles sources énergétiques, issues de l’énergie solaire, des éoliennes, et la géothermie. Ce Fonds servira également pour développer des capacités et des investissements en matière d’écotourisme. Dans cette perspective, la mise en place d’un agenda de réparation intégrale de dommages causés à l’environnement à partir dudit Fonds permettrait de répondre à des besoins en matière de santé, d’éducation et à des besoins liés à la réparation environnementale proprement dite. C’est ainsi que la proposition de l’Equateur donnera de l’élan à une économie de services de la valeur ajoutée, basée sur la conservation et la biodiversité. Le fond Yasuní-ITT pourrait être capitalisé à partir de différentes sources, à savoir, de dons de gouvernements, de mécanismes d’échange de la dette extérieure, d’apports d’organisations internationales de conservation et de dons d’entreprises et de citoyens du monde entier. Une commission internationale serait créée pour à garantir une gestion transparente et la bonne exécution des fins indiquées. Au travers de l’initiative Yasuní-ITT, l’Equateur se place dans une position unique à l’égard du changement climatique. Pour la première fois dans l’histoire du monde, un pays dont l’économie dépend fortement des recettes issues du pétrole renonce à 50% de ces recettes. L’initiative de l’Equateur est un défi lancé aux pays industrialisés à participer à un effort commun de coopération pour jeter les bases d’une transition énergétique à petite échelle. La proposition équatorienne est également une opportunité de donner une nouvelle orientation au débat actuel sur le changement climatique. Le Protocole de Kyoto et le Marché Volontaire du Carbone ont été jusqu’à présent deux scénarios insuffisants pour faire face aux grands défis résultant des changements atmosphériques. En ce sens, des politiques et des actions créatives et responsables et surtout efficaces s’imposent. Pour plus d'informations |
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Le Parc National Yasuní, situé en Amazonie équatorienne, est considérée comme une des zones au monde ayant la plus grande biodiversité. Dans une superficie d’environ 980000 hectares de bois humide tropical, ce Parc abrite 4000 espèces de plantes, 173 espèces de mammifères et 610 espèces d’oiseaux, en dehors des espèces qui restent encore à découvrir. Aussi, les communautés indigènes Tagaeri-Taromenani y vivent en isolement volontaire, situation que l’Etat équatorien reconnaît et protège.