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Brésil : le projet de mine de Belo Sun à l'arrêt

Le ministère public se déclare contre la licence d’une compagnie minière canadienne d’extraction d’or. Altamira, Brésil- Le Ministère Public Fédéral du Brésil (MPF) a pris de court la compagnie minière canadienne Belo Sun, la semaine dernière, lors de recommandations faites contre des procurations de licences d’environnement pour une mine aurifère dans l’Amazonie brésilienne.
Le MPF a cité de graves irrégularités incluant des études sur l’impact social et environnemental, inadéquates, ainsi que l’absence de consultation des communautés indigènes de la région.

La pétition du MPF à l’agence de l’environnement de l’état de Pará (SEMA) est le dernier coup dur pour les ambitions de la compagnie minière aurifère de Belo Sun dans l’Amazonie. 

« Nous applaudissons le MPF pour avoir pris des mesures vigoureuses en vue de défendre la législation brésilienne des droits humains et environnementaux, mettant ainsi un frein à un projet ayant des suites tragiques pour les communautés déjà confrontées au désastre du barrage Belo Monte » a déclaré Christian Poirier, membre de l’organisation de protection de l’environnement et des droits humains Amazon Watch. « La réaction des investisseurs de Belo Sun de retirer leur argent de cette mine toxique est un autre signe de bon augure. »

“Volta Grande Project”, le projet d’un billion de dollars de Belo Sun, serait la mine aurifère la plus grande du Brésil. De plus, elle serait adjacente au barrage controversé de Belo Monte, sur le fleuve Xingu, menaçant l’environnement et les communautés voisines. Cette région a déjà été gravement affectée par la construction du troisième barrage le plus grand du monde.

La construction du barrage de Belo Monte a pour but de dévier 80% du courant de la rivière Xingu dans un canal artificiel, laissant la Grande Boucle du fleuve avec les plus bas niveaux d’eau de son histoire. En aval du barrage, Belo Sun cherche à installer le projet aurifère dans le lit asséché de la rivière Xingu, à moins de 9 kilomètres de territoires indigènes, causant des dommages additionnels aux rivières, aux forêts, et aux communautés d’une région déjà épuisée écologiquement.
« Les compagnies minières sont les plus grands actionnaires et consommateurs d’électricité hydraulique en Amazonie, utilisant presque 20% de toute l’électricité industrielle produite au Brésil », affirme Zachary Hurwitz, coordinateur de la réglementation à International Rivers, une organisation environnementale qui suit l’expansion de barrages brésiliens en Amazonie. « C’est un double coup dur pour un écosystème déjà fragilisé. »

Selon le MPF, l’évaluation de la viabilité de la mine « doit être basée sur la fragilisation de la Grande Boucle du Xingu causée par le barrage du Belo Monte. La question est de savoir si la présence d’un autre projet d’envergure dans la région, plus particulièrement un projet provoquant le déplacement de populations, l’usage intensif de substances polluantes, et ayant des impacts écologiques, est permis.»

Les recommandations de l’MPF reflètent celles de l’Institut Socio-Environnemental brésilien (ISA), qui a envoyé à SEMA une opinion technique en janvier déclarant la mine de Belo Sun « irréalisable. »
« Les populations de la grande boucle du Xingu vivent déjà dans l’incertitude due au flux réduit de la rivière, suite à la construction de Belo Monte. Elles ne devraient pas avoir à subir l’installation d’une grande mine ainsi que les risques d’accidents imminents qui polluent à nouveau un environnement déjà affaibli » déclare Biviany Rojas, avocat à ISA.  « Quels types de situations extrêmes l’état brésilien est-il prêt à imposer aux populations indigènes et riveraines du Xingu en échange d’énergie et d’or pour des compagnies privées ? »

Lors d’audiences publiques organisées par Belo Sun, la compagnie a affirmé à maintes reprises que la mine d’or « ne perturberait pas le flux réduit du Xingu », et « qu’ils n’avaient pas d’influence sur le sujet. » Les critiques ont déclaré que la SEMA ne peut accepter ses allégations, ét réclament des études détaillées pour mesurer les impacts du méga barrage et de la mine prévue.
Pour mener à bien ces études, il faudrait obtenir le consentement, requis par la constitution, préalable, libre et éclairé des peuples indigènes, ce qui repousserait la date du projet et pourrait amener les investisseurs à punir la compagnie et restreindre la possibilité de commencer les opérations cette année.
Amazon Watch
www.amazonwatch.org