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Une communauté du Chiapas en route vers l'autonomie

La Communauté de San Jorge se compose de 135 habitants. Elle est située à cinq kilomètres du Parc National El Aguacero, qui forme un corridor biologique avec la Réserve de biosphère El Ocote (REBISO). C’est un domaine important d’un point de vue historique car situé dans la région du peuple Zoque. La population de San Jorge a été formée par la migration de personnes d’autres régions autour de la zone Maya tsotsil et du Chiapas central.  Les habitants de San Jorge sont des agriculteurs. Alex, un habitant de San Jorge, parle de son histoire personnelle, son père lui a appris les techniques de l’agriculture qu’il appelle “traditionnelles” : “mon père et mon grand-père travaillaient la terre comme nos ancêtres, nous faisions tout à la main ; je me souviens que j’accompagnais mon grand-père au semis de la milpa (agro-écosystème qui intègre le maïs, les haricots, les courges, les piments, principalement), j’étais très content d’y aller avec lui”. Sa maison n’est pas grande, elle est construite en terre, le toit est fait de feuilles métalliques, il n’y a pas d’électricité, ni d’eau courante ; ils doivent acheter l’eau deux fois par mois pour subsister. Il y a normalement quatre mois de sécheresse à San Jorge, mais les pluies arrivent en mai. Le semis de la milpa commence environ deux semaines avant que les premières pluies ne tombent. Alex continue, “j’ai commencé à travailler la terre à 6 ans, mon père me montrait quelles plantes conserver dans la milpa. Avant nous semions maïs, haricots et courges. Nous connaissions toutes les variétés de maïs : sakil ixim (blanc), ik’al ixim (noir), k’anal ixim (jaune), tzajal ixim (rouge) et pinto. Mon grand-père m’a également appris comment parler pendant les cérémonies, les traditions et des choses sur les plantes médicinales ; il m’a aussi montré les plantes qui poussent dans la milpa et constituent notre nourriture : yerbamora, bledo, nabo.” Mais aujourd’hui, la façon de produire a changé. Mais depuis les années 80, l’utilisation des agrochimiques est devenue une pratique courante pour beaucoup d’agriculteurs chiapanèques.  La population de San Jorge doit faire face à d’autres problèmes : le  revenu des résidents est faible ainsi que le niveau de scolarisation de sa population. Il n’y a pas d’eau potable ni d’électricité. Le niveau éducatif est faible. Les agriculteurs familiaux constituent l’essentiel de la population de San Jorge. Ils cultivent généralement la milpa. Certaines familles sont engagées dans l’élevage de volailles (poulets et dindes). Il y a actuellement un réel besoin d’intégrer tous les résidents de la communauté dans un projet qui favorise le développement de l’agriculture écologique à partir de la participation collective et communautaire. 

Objectifs 
Il y a quatre ans, quelques membres de la communauté ont commencé à travailler sur le thème de l’agro-écologie, à promouvoir l’autosuffisance alimentaire, le respect de la nature, la fertilisation des sols par des pratiques respectueuses de la nature, la plantation de certaines espèces de plantes médicinales, le contrôle des pestes grâce à l’utilisation de plantes répulsives, la construction de bâtiments avec des matériaux locaux (pierre et argile), la collecte des eaux de pluie. Les résultats encourageants ont permis de développer une vision pour l’avenir et de fixer les objectifs à moyen et à long terme suivants : 
• Promouvoir l’agriculture qui relie l’homme avec la nature. 
• Mettre en œuvre la collaboration et la solidarité entre les peuples. 
• Générer un système de production qui répond aux nécessités alimentaires de petites communautés (autosuffisance alimentaire). 
• Éduquer pour la protection et l’utilisation durable de la diversité agro-biologique et culturelle. 
• Construire avec des matériaux locaux et en utilisant les énergies alternatives. 

Responsables 
Laure et Alberto de l’association Ch’ul Ixim. 

Réalisations 
ICRA co-finance ce programme, notamment la distribution d’engrais biologique et d’arbres fruitiers, la construction d’une première citerne d’eau avec un filtre céramique, la construction d’une maison commune, etc. En 2017, ICRA a participé à l’installation de panneaux et de fours solaires, la construction de toilettes sèches, la plantation d’arbres et la construction de cuiseurs économes. Une part de cette aide a participé au soutien des communautés de Quintana Roo et Espinal touchées par le séisme du printemps 2017.

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