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Actions urgentes

Une communauté bédouine menacée d’expulsion

En Palestine, une communauté bédouine vivant près de Béthanie est menacée par les bulldozers. Leurs foyers, leurs terres et leur mode de vie pourraient disparaître à tout jamais : la machine de colonisation israélienne est à l'oeuvre.
Merci de signer la pétition de soutien aux Bédouins de Béthanie
Les familles bédouines de la Montage du Pape sont en danger parce que des responsables politiques extrémistes viennent d’adopter une loi contraire à leur droit à vivre sur leurs propres terres.

Mais ces courageuses familles refusent de sombrer dans l'oubli. Elles tentent le tout pour le tout, et résistent aux bulldozers par des "sit-ins" non violents devant leurs foyers. Elles espèrent un miracle: que leur acte de bravoure inspire des femmes et des hommes tout autour du monde pour les aider à arrêter les bulldozers avant qu'il ne soit trop tard. Cette destruction ne pourra avoir lieu que loin de l'oeil des médias.

L’organisation Avaaz vient de lancer une pétition : “En tant que citoyens du monde entier, nous tenons à vous faire savoir que vous n'êtes pas seuls. Nous sommes à vos côtés dans votre sit-in pacifique pour défendre vos foyers, vos terres et votre mode de vie. Nous demandons aux dirigeants du monde entier d'exiger du Premier ministre Netanyahou d'abandonner ses plans de destruction de cette communauté. Nous demandons tout particulièrement à l'Union européenne et à la Cour pénale internationale de signifier de toute urgence au gouvernement israélien que la destruction de cette communauté est une ligne rouge qui aurait de graves répercussions”.



Les Bédouins d’Israël, victimes de la colonisation intérieure

Les Bédouins sont l’objet de harcèlement de la part des autorités israéliennes, qui voudraient les parquer dans des réserves et des bantoustans, et installer des familles juives à leur place. Le Fonds national juif (KKL-FNJ) sert de paravent pour expulser les Bédouins sous couvert de création de forêts. Reportage.

C’est la triste histoire des habitants de deux villages jumeaux, Umm al-Hiran et Atir. Deux villages peuplés par les membres d’une tribu de Bédouins, les Abou Al Qi’an. Nous sommes dans le Néguev, en Israël. La semaine dernière, la police a débarqué en force – comme à son habitude – pour tenter de démolir des maisons. La manifestation a dégénéré. Un habitant, Yakoub Abou Qi’an, a été tué par balles et un policier a perdu la vie, percuté par une voiture. Venu soutenir la population, le député de la Liste unie (à laquelle participe le Parti communiste israélien) Ayman Odeh a été sérieusement blessé, touché en pleine figure par une balle non létale, recouverte de mousse. La gravité des incidents a fait éclater le problème aux yeux du monde entier : les Bédouins d’Israël, tout comme les Palestiniens des territoires occupés, sont expulsés et leurs maisons détruites. Fruit d’une politique de colonisation, y compris interne. Une « judaïsation » du territoire. Quelque temps auparavant, nous nous trouvions justement à Umm al-Hiran. Le chef de la tribu, Raed Abou Qi’ian, nous avait reçus. Il avait expliqué la première expulsion de leur terre originelle, en 1948, à Khirbet Zubaleh (entre Beer Sheva et Gaza), que les Bédouins cultivent depuis des siècles. Ils ont alors été déplacés d’un endroit à l’autre, au bon vouloir de l’armée israélienne et de son administration. Jusqu’à ce qu’en 1954 un ordre militaire leur ordonne de se rendre à Wadi Atir où la tribu construit les deux villages : Umm al-Hiran et Atir. Pour autant, l’État israélien ne reconnaît pas ces deux entités. « Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait rien, se souvient le vieil homme. C’était l’hiver, la neige était tombée, il faisait froid. Il a été vraiment difficile de s’adapter à ce climat. »

Pour le mouvement sioniste, les Bédouins ne sont que des nomades sans attache permanente

La majorité des habitants du Néguev (Nakab en arabe) étaient des Bédouins palestiniens. En 1947-1948, à partir du partage de la Palestine mandataire par l’ONU et jusqu’à la création de l’État d’Israël, la plupart d’entre eux ont été expulsés vers Gaza et vers la Jordanie. Seuls 12 % de la population arabe originelle sont restés, devenant plus tard citoyens israéliens. Avant cette date, l’économie des Bédouins était essentiellement basée sur l’agriculture et l’élevage. Mais le mouvement sioniste, comme il l’avait fait au début du XXe siècle avec l’installation de colonies en Palestine, a propagé l’idée que le Néguev n’était pas habité, les Bédouins n’étant, à leurs yeux, que des nomades sans attache permanente et donc sans titre de propriété. Le fameux slogan « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », dont on connaît la fausseté. C’est sous ce prétexte que les Bédouins qui sont restés dans le Néguev ont été transportés d’un endroit à un autre, d’abord au nord et au nord-est de Beer Sheva, dans un endroit particulièrement aride et austère nommé Siyag. Mais, même là, les Bédouins ont été considérés comme indésirables. Il fallait qu’ils laissent la place à des familles juives. L’errance devait reprendre. Une fois de plus on leur a assigné des « villes ». Certains ont donc atterri à Wadi Atir…
Pierre Barbancey, l’Humanité, lundi 30 janvier 2017

La suite de l’article sur le site du journal l’Humanité