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Actions urgentes

Guyane : Les Palikur contre Cambior

Au printemps 2006, ICRA rejoint le collectif “Campagne contre Cambior” initié par le CSIA-Nitassinan (le Comité de Solidarité avec les Indiens des Amériques) et d’autres associations pour soutenir la communauté amérindienne Palikur engagée dans un procès contre la multinationale canadienne Cambior.

Cette multinationale canadienne envisage d’implanter une mine d'or primaire, à ciel ouvert, sur la montagne de Kaw en Guyane.

Le site choisi est une forêt primaire à haute biodiversité (ZNIEFF).
Ce site exceptionnel fait l’objet de plusieurs mesures de conservation : Réserve Naturelle des Marais de Kaw-Roura, sanctuaire entre autre des derniers caïmans noirs, site Ramsar, Réserve Naturelle Volontaire de Trésor, ZNIEFF de type I. Les études pluridisciplinaires réalisées par les scientifiques ont mis en évidence une biodiversité riche et exceptionnelle sur la montagne de Kaw et particulièrement sur le site des permis de CAMBIOR (ZNIEFF de type I).

• L’exploitation de ce site va entraîner une déforestation et une pollution importantes, néfastes pour la faune et la flore notamment pour les espèces protégées par la convention de Washington. Cette mine va sacrifier une forêt primaire d’une importance majeure pour le seul bénéfice d’une multinationale laissant ces zones sinistrées à jamais.

• Construction d’une route pour l’acheminement de matériaux et produits toxiques sur une zone de droit d’usage des amérindiens Palikur.

• D’énormes quantités de produits toxiques : sur la durée du projet (7 ans) plus de 9 millions de tonnes de roches seront broyées et mélangées à 30.000 tonnes de produits chimiques (cyanure, chaux…). En plus d'un accident industriel (risques de rupture de digue avec déversement des résidus cyanurés dans les rivières en aval...), les risques sanitaires peuvent aussi provenir d'une contamination lente et continue des sols, des eaux de surface et souterraines par des substances extraites du sous-sol (métaux lourds, arsenic...).

• Aucune retombée économique pour la Guyane. En effet, seule la taxe sur la production d’or, soit 0.5 %, sera reversée par Cambior (50 euros pour 1 kg d’or !). La multinationale sollicite comme préalable à son implantation : l’exonération de l’octroi de mer, de l’impôt sur les sociétés, de la taxe foncière, de la taxe sur le carburant, la réalisation de 55 km de ligne haute tension, une subvention de 28 millions de d’euros (loi Girardin). Un tel projet est incompatible avec un développement local et durable de la Guyane et va à l'encontre de l'intérêt général car il va détruire un patrimoine unique, commun à tous.

Vous serez bien sûr tenu au courant de la suite de cette campagne de soutien à la communauté Palikur.

Suivi de campagne

Très vite, l’association Cyber@cteurs a rejoint le mouvement en lançant une cyberpétition. Plus de 1800 personnes ont ainsi écrit à la préfecture de Guyane et au gouvernement français pour leur faire part de leur inquiétude. http://www.cyberacteurs.org/actions/archive.php?id=100

Il semble que nous ayons été entendus car un rapport des inspecteurs (Inspection générale de l’environnement et Conseil général des Mines) relatif au dossier Cambior a été remis le 11 octobre 2006 à Mme Nelly Olin, Ministre de l’écologie et à M. François Loos, Ministre délégué à l’industrie.

Dans un souci de transparence, ce rapport vient d’être rendu public, en lien avec M. François Baroin, ministre de l’Outre-Mer et M. Léon Bertrand, ministre délégué au Tourisme, originaire de Guyane. http://www.ecologie.gouv.fr/article.php3?id_article=6468

La mission a établi qu’il peut être répondu de façon satisfaisante par des mesures techniques et réglementaires à la plupart des sujets d’inquiétude exprimés pendant la procédure, sauf sur deux sujets où quelques lacunes ont été relevées et qui justifient que le projet, tel que présenté par l’entreprise, ne peut être autorisé :

• l’impact sur la faune et la flore ;
• les conditions de rejet dans le milieu naturel des effluents cyanurés.

La mission recommande par ailleurs de renforcer les mesures compensatoires.
En conséquence, l’entreprise Cambior, à qui les conclusions de la mission d’inspection ont été présentées, a fait savoir qu’elle se propose de retirer les demandes d’autorisation présentées au titre du code minier et au titre du code de l’environnement et de déposer de nouveaux dossiers, qui seraient alors soumis à une nouvelle enquête publique.

Ce n’est qu’une demi victoire car le rapport ne fait pas état des effets sur les populations locales de cette exploitation et n’en doutons pas, Cambior va certainement revenir à la charge avec un nouveau dossier mieux préparé. Restons vigilants…

La présidence française décide de ne pas donner suite au projet :

Le 30 janvier 2008, le Porte-parole de la Présidence de la République a annoncé :

Le Président de la République a tenu aujourd'hui une réunion sur le projet d'exploitation d'une mine d'or située à Roura (Guyane).

Après avoir pris connaissance du rapport de mission sur ce projet et avoir entendu les ministres concernés, le Président de la République a décidé de ne pas donner une suite favorable au projet.

Souhaitant une exploitation des ressources aurifères compatible avec la préservation des richesses de biodiversité de la Guyane, le Président de la République a souhaité qu'un schéma départemental d'orientation minière et d'aménagement soit réalisé dans les plus brefs délais. Ce schéma permettra de délivrer des autorisations d'exploitation dans des conditions acceptables par tous
.

Restons cependant vigilants…