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Actions urgentes

Halte au massacre des communautés indigènes de l’Amazonie péruvienne

Suite à la répression sanglante du gouvernement péruvien à l’encontre des communautés indigènes de l’Amazonie, ICRA vient d’envoyer un courrier de protestation à l’Ambassade du Pérou à Paris et vous demande de signer la pétition lancée par AVAAZ.

Depuis 57 jours les populations indigènes de l'Amazonie péruvienne mènent une grève générale pacifique, en réaction à onze décrets pris par le gouvernement péruvien, favorables aux Traités de Libre Commerce et attentatoires à leurs droits et à l’environnement.

En réponse, le gouvernement d’Alan Garcia a lancé vendredi 5 juin à l’aube une attaque d’une violence incroyable sur les manifestants qui occupaient depuis 10 jours la route Belaunde Terri, dans l'endroit nommé la “Curva del Diablo”, dans le département d'Amazonas, au nord du pays. Selon les dernières informations dont nous disposons, cette attaque a causé la mort de trente deux personnes dont 25 indigènes et 7 policiers .
La police et l'armée ont lancé depuis des hélicoptères des bombes lacrymogènes et ont tiré sur les manifestants, ces derniers se sont défendus.

Ce massacre s'est produit quelques heures après que le congrès péruvien ait pour une énième fois reporté le débat sur l'abrogation des décrets législatifs incriminés. Le gouvernement d’Alan Garcia refuse en effet d'entamer un dialogue réclamé par les communautés indigènes depuis le début de la crise.

Selon la presse un mandat d'arrêt à été lancée contre tous les dirigeants de l'Association Interethnique pour le Développement de l'Amazonie Péruvienne (AIDESEP), dont Alberto PIZANGO son président, que le gouvernement d'Alan Garcia accuse de comportements de délinquant. Ce n'est pas la première fois que Alan Garcia se rend responsable d'un massacre sur des populations civiles, lors de son premier gouvernement il s’était illustré en 1986 par le massacre des prisonniers du “Fronton”.

Le parlement a finalement mercredi 10 juin suspendu temporairement (pour une durée indéterminée) un des décrets incriminé afin de faire baisser la tension. Celui-ci n'est cependant pas abrogé, malgré les demandes en ce sens. La pression doit donc plus que jamais se poursuivre.

Pendant le même temps, des sympathisants du mouvement indigène du Pérou ont manifesté devant l'ambassade du Pérou à Bruxelles. Anne-Sophie De Keyser, secrétaire d'ICRA International Belgique, témoigne:

“L’esplanade en face de l’ambassade du Pérou à Bruxelles ce jeudi midi était pleine de manifestants. Dans le calme, ils ont scandé des slogans plus de deux heures durant, rappelant que les peuples indigènes vivent de cette forêt dont nous pompons chaque jour un peu plus la sève, bafouant les droits de ses habitants. Un délégué de l’une des nombreuses associations présentes, des représentants des peuples indigènes jusqu’aux associations de gauches anticapitalistes, rappela l’hypocrisie des gouvernements qui collaborent avec le Pérou en fermant les yeux sur ses excès dont nous avons pu constater les effroyables débordements. Deux délégués ont finalement été reçus à l’ambassade. Quelles qu’aient été les promesses faites alors, ce qui important est de rappeler au gouvernement belge et à l’Europe que les citoyens ne sont pas encore tout à fait annihilés par le système dans lequel ils évoluent et qu’ils restent solidaires avec des personnes qui leurs sont pourtant étrangères ou en tout cas lointaines.”

Dans un communiqué, le Ministre belge des affaires étrangères, Karel De Gucht, “condamne tout acte de violence disproportionné et prie les autorités péruviennes de reprendre le dialogue avec les populations autochtones (...) et à mener une enquête approfondie et indépendante au sujet de ces évènements.”

ICRA condamne fermement ces crimes et exige du gouvernement péruvien :
- l’arrêt immédiat de la persécution des dirigeants de l'AIDESEP,
- le retrait définitif des décrets incriminés,
- la suspension de l’Etat d’urgence,
- vérité, justice et réparation pour les victimes


Pour signer la pétition mondiale lancée par Avaaz.

La lettre d’ICRA à l’ambassade du Pérou

Pour plus d'informations


Suivi de campagne

Pérou: le parlement révoque des décrets à l'origine des affrontements-06.09

Le parlement du Pérou a abrogé jeudi 18 juin deux décrets-lois sur l'exploitation des ressources d'Amazonie, à l'origine d'une crise entre l'Etat et les communautés indigènes depuis deux mois, et de violences qui ont fait 34 morts il y a deux semaines.

Le vote acquis à une large majorité, 82 voix contre 12, ouvre la voie à une probable sortie de la pire crise politique du gouvernement de centre-droit d'Alan Garcia, au pouvoir depuis 2006.

Daisy Zapata, dirigeante du principal collectif indigène AIDESEP, a appelé après le vote les communautés indiennes à lever les blocus routiers ou fluviaux qu'elles tiennent en plusieurs points de l'Amazonie péruvienne (Nord et Est), pour certains depuis deux mois.
C'est un jour historique pour les peuples indigènes, parce que nos demandes étaient justes et qu'en fin de compte le gouvernement nous a donné raison”, a déclaré a la presse Zapata, qui a pris la tête de l'AIDESEP après la fuite d'Alberto Pizango, en asile politique au Nicaragua
.

Les décrets abrogés par le Parlement, en présence dans la galerie “d'apus”, chefs coutumiers d'ethnies amazonienne, sont deux textes techniques passés en 2007 et 2008, régissant l'exploitation privée de zones forestières, et le régime de propriété des terres.

Les représentants de la minorité indienne -moins de 400.000 personnes éclatées en 65 ethnies- les rejetaient faute de consultation préalable, et parce qu'il y voyaient une porte ouverte à la surexploitation de l'Amazonie.
L'abrogation du décret le plus contesté, le Décret 1090 dit “Loi forestière et de faune sylvestre” - la “Loi de la Jungle”, comme l'a surnommé la presse - avait été proposé par le Premier ministre Yehude Simon, dans une concession de l'Etat pour renouer le dialogue avec les indiens.
La semaine dernière, le Parlement l'avait simplement “suspendu”, sans aucun impact sur les protestations indigènes sur le terrain.

Simon, sous intense pression depuis deux semaines, a annoncé mardi qu'il démissionnerait d'ici quelques semaines, une fois la crise résolue.
Cette confrontation depuis deux mois entre Etat et minorité indienne avait dérapé le 5 juin avec des heurts entre police et indiens qui ont fait 34 morts autour d'un blocus routier indigène à Bagua (1.000 km de Lima), violences qui ont attiré sur le Pérou le regard des organisations internationales de droits de l'Homme.

Le rapporteur spécial de l'ONU sur les peuples indigènes, James Anaya, se trouve depuis mercredi au Pérou, où il a visité jeudi à Bagua le site des violences.

Dans un message à la Nation mercredi soir, le président Garcia a fait l'autocritique du pouvoir dans la gestion de la question amazonienne. Il a promis de “repartir du début” et d'“entamer un nouveau dialogue (avec les indigènes) en vue d'approuver de nouvelles normes pour protéger l'Amazonie”.

Il est vrai que le décret législatif original n'a pas été fait en consultation avec les communautés autochtones”, avait déclaré Garcia, admettant ainsi que le Pérou a manqué à ses obligations aux terme de la Convention de l'Organisation internationale du Travail (OIT) sur les peuples indigènes
.

Certaines revendications indigènes restaient pendantes jeudi, comme la levée de l'état de siège à Bagua, et l'abandon des poursuites contre quatre dirigeants passés à la clandestinité en même temps que Pizango.
Afp