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Bangladesh : Des Jummas tués et des villages incendiés

Depuis le samedi 20 février 2010, dans la région des Chittagong Hill Tracts au Bangladesh des quartiers de villes et villages habités par les Jummas (ou peuples des collines) ont été réduits en cendres par des colons bengalis soutenus par l'armée nationale. Selon plusieurs sources, une dizaine de Jummas au moins sont morts, 25 disparus et une centaine de maisons ont été réduites en cendres au cours d’une attaque perpétrée le 21 février 2010 par des soldats et des colons sur des communautés indigènes des Chittagong Hill Tracts.
A l'appel de plusieurs associations de soutien aux Jummas dont Icra, une manifestation de soutien a eu lieu à Paris le samedi 6 mars
Vous pouvez également imprimer et signer la pétition
L’attaque a eu lieu dans la région de Sajek, où les tensions n’ont cessé de monter depuis l’installation de colons bengalis soutenus par l’armée sur le territoire des Jumma. Des rapports locaux indiquent que l’armée a tiré sans distinction sur les villageois jumma après qu’un soldat ait été blessé durant les affrontements. Plusieurs Jumma ont été blessés. Les colons appuyés par les forces de sécurité ont mis le feu à cinq villages, détruisant environ 200 maisons. Un temple bouddhiste et une église ont également été incendiés.

Des milliers de Jumma ont dû fuir dans la forêt pour échapper aux soldats et aux colons. Dans la nuit du 22 février, plus de 30 maisons de la principale ville du district, Khagrachari, ont aussi brûlé. Les évènements auraient pu être plus dramatiques si le couvre de feu n’était pas mis en application. Les colons avaient effectivement décidé de brûler toutes les maisons des indigènes. La peur se propage parmi la population. Dans de nombreuses villes ou villages, les habitants se sont enfermés dans leur maison, sans armes, espérant échapper au pire. Certains se sont enfuis dans la forêt proche, mais celle-ci a beaucoup reculé avec la colonisation des terres par les bengalis et ce refuge est devenu très précaire. Durant leur absence leurs maisons sont pillées. Il est désormais impossible de franchir la frontière in-dienne bien défendue par une triple rangée de grillages barbelés.

Ces populations sont donc désarmées et prises au piège et il y a tout lieu de craindre le pire dans les jours à venir si le gouvernement du Bangladesh poursuit ce qui pourrait ressembler à un génocide. Aujourd’hui, des centaines de Jummas sont arrêtées arbitrairement et torturés. A l’heure actuelle, des milliers de personnes n’ont rien, pas de vêtements, ni de nourritures. La tension et la peur y sont permanentes. Ces derniers évènements tragiques ne sont que la partie visible de l’iceberg. Depuis l’Indépendance du pays en 1971, les populations de cette région sont victimes des pires exactions. Les menaces envers les militants jumma, le viol de leurs femmes et autres abus des droits de l'homme se poursuivent sans relâche. L'armée et les colons continuent de spolier leurs terres.

Bref historique

Les Chittagong Hill Tracts sont une région montagneuse et accidentée du Sud Est du Bangladesh. Dans cette région de collines et de forêts vivent depuis des siècles des indigènes d’origine tibéto-birmane, les Jummas. Ces Jummas pratiquaient l’agriculture sur brûlis, cette pratique est localement appelée “Jhum”, d’où le nom “Jumma” donnée aux peuples indigènes de la région. Ils y pratiquent aujourd’hui la riziculture et les cultures maraîchères.

Le gouvernement du Bangladesh a longtemps considéré la région des Chittagong Hill Tracts comme une terre vierge où il pouvait installer les Bengali pauvres et sans terre et avait peu de considération pour les Jumma, qui en sont pourtant les habitants originels. Durant les 50 dernières années, les Jumma, qui étaient pratiquement les seuls habitants des Hill Tracts, sont devenus minoritaires, démographiquement surpassés par les colons. Tout en ayant été chassés par ces derniers auxquels on attribue les meilleures terres, les Jumma ont été confrontés à une violente répression de l’armée.
Depuis 1971, les Jumma ont été à de nombreuses reprises victimes d’évènements tragiques comme ceux qui se déroulent en ce moment. Un parti politique jumma, le Jana Samhati Samiti, qui comporte une branche militaire, fut formé en réponse à ces attaques. En 1986 après des incidents particulièrement graves, de nombreux jummas ont fuit en direction de l’Inde, qui dans un premier temps menaçait de les renvoyer, avant de les accueillir dans des camps.

En 1997, les Jumma signaient avec le gouvernement un accord de paix qui devait mettre fin à certaines des pires atrocités commises à leur encontre. Le gouvernement s’engageait à retirer les bases militaires installées dans la région et à mettre un terme à la spo-liation de leurs terres par les colons et l’armée. Certes la situation s’est un peu améliorée par moment. Mais les camps militaires sont toujours dans les Hill Tracts et violences et spoliations n’ont pas cessé. L'armée du Bangladesh a même récemment initié un nou-veau programme de colonisation dans les Chittagong Hill Tracts en y installant de nouveaux groupes de colons bengalis. Depuis fin janvier la situation devenait de plus en plus tendu et les évènements récents ne sont pas le fruit du hasard.
Association International Jumma community

Une manifestation pacifique contre les évènements de ces derniers jours aura lieu à Paris le 6 mars à 13h sur le parvis des droits de l’Homme, métro Trocadéro.

ICRA vient d'envoyer un courrier de protestation aux autorités bengalis et vous invite à imprimer et à signer la pétition


Pour plus d'informations

Suivi de campagne

Manifestation de soutien le 6 mars 2010 à Paris

Samedi 6 mars, plus de 300 personnes venues de toute la France et des moines bouddhistes venus d’Angleterre, s’étaient rassemblés sur le Parvis des Droits de l’Homme à Paris, pour dénoncer les violentes attaques des colons bengalis, soutenus par l’armée, contre les indigènes Jummas de la région des Chittagong Hill Tracts au Bangladesh.

Depuis le 19 février 2010, au Bangladesh, les minorités ethniques Jummas sont l’objet de violentes attaques des colons et de l’armée. Une dizaine de Jummas au moins sont morts et une centaine de maisons ont été réduites en cendre, ainsi que des temples bouddhistes et une église, au cours d’une attaque perpétrée le 21 février 2010 par des soldats et des colons sur des communautés indigènes.

Des rapporteurs locaux indiquent que l’armée a tiré sans distinction sur les villageois jummas après qu’un soldat ait été blessé durant les affrontements. Plusieurs jummas ont été blessés. Les colons, appuyés par les forces de sécurité, ont mis le feu à cinq villages, détruisant environ 200 maisons. Des milliers de Jummas ont dû fuir dans la forêt pour échapper aux soldats et aux colons. Pendant ce temps leurs maisons ont été pillées.
Le 23 février, 37 maisons de la ville de Kagrachari ont aussi brûlé. Sous prétexte de couvre-feu, des centaines de personnes sont arrêtées arbitrairement et torturées.

À l’heure actuelle, des milliers de personnes ont tout perdu, maisons, vêtements et réserves de nourriture. La tension et la peur sont permanentes.
Depuis l’indépendance du Bangladesh en 1971, les Jummas ont été assassinés, torturés, violés et spoliés de leur terres. Prêtons une attention particulière à ces oubliés du monde et n'omettons pas de parler d'eux chaque fois qu'il s'agira de dénoncer les exactions commises à l'encontre de toutes les minorités ethniques.