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Actions urgentes

Colombie : les Embera Katio en lutte contre un nouveau barrage

Le peuple Emberá Katío du Haut Sinú sont aujourd'hui menacés par un second barrage qui menace d'inonder plus de 50.000 ha. Ils vous demandent leur soutien.
Agissez maintenant!

Les peuples de la famille linguistique Emberá peuplent le Nord-Ouest de la Colombie et le Sud-Est du Panama. Les Emberá Katío font partie de cet ensemble et sont installés dans le département de Córdoba, dans une réserve indigène située dans le bassin du Haut Sinú et de ses affluents. Quatre milles Emberá Katío y vivent, soit cinq cents familles.

En 1993 débute le projet de construction d’un méga-barrage hydroélectrique sur la rivière Sinú, « Urrá I ». Alors que la constitution colombienne prévoit la consultation des communautés indigènes avant tout projet de cette envergure, un consortium détenu à 80% par la société suédoise Skanska démarre la construction du barrage sans consultation.

7400 hectares de terres sont inondés. La plupart de ces terres sont fertiles mais des lieux sacrés sont également touchés. L’effet négatif du barrage ne s’arrête pas aux terres, l’hydrologie du fleuve est profondément perturbée. Le cycle du frai des poissons est irrémédiablement coupé et le nombre d’espèces et la taille baisse drastiquement. Les carences dans l’alimentation ainsi que l’apparition du paludisme augmentent les maladies et la mortalité des enfants. Ceux-ci, à la vue des militaires, tombent malade d’une maladie qu’ils nomment la « frayeur ». Les embarcations traditionnelles, peu adaptées au nouveau contexte sont troquées contre des barques à moteur, chères à ravitailler en carburant.

Comme si ce n’étais pas assez, l’argent des indemnisations finalement versées aux Emberá Katío amèneront rapidement un mal peu courant jusque alors dans cette société traditionnelles : l’alcoolisme. Des hommes quittent leurs foyers. Toute la société est déstructurées.

L’histoire se répète

Malgré l’engagement du gouvernement colombien de ne pas construire « Urrá II », un nouveau barrage, autrement nommé, est aujourd’hui envisagé. 57.000 hectares devraient être inondés. Des sociétés européennes sont impliquées dans le projet.

Si ce barrage est construit c’est la fin du peuple Emberá Katío. Beaucoup ne savent ni lire ni écrire. Un tel projet signifie concrètement le déplacement vers les villes de nombreuses personnes qui perdront des bonnes terres sans en retrouver. Quelques propriétaires terriens, aidés de paramilitaires, en profiteront.

Le futur projet se traduit déjà aujourd’hui par une militarisation accrue du secteur. Prétextant la présence de la guérilla dans la zone, Bogotá a renforcé la présence militaire afin de pouvoir parer à toute éventualité. Avec eux débarques également les Aigles noirs, héritiers des Autodéfenses Unies de Colombie, milice paramilitaire d’extrême droite.

Les revendications du peuple Emberà Katío sont les suivantes : l’abandon du projet de construction du barrage et la démilitarisation de leur territoire. Pour cela ils comptent sur vous et sur un réseau international d’organisations de soutien pour alerter et dénoncer l’assassinat de leur peuple. Ils mènent campagne en ce début 2010 et comptent bien se faire entendre.

En savoir plus

Notre thema d'Ikewan n°75 (février 2010) : Les Emberá Katío sous la menace d’un second barrage et Revendications du peuple Embera Katío de l'Alto Sinú

Agissez

Envoyez par courrier papier ou électronique votre avis aux autorités colombiennes.

Ce courrier informe le gouvernement colombien de votre soutien au peuple Embera Katío du Haut Sinú et déplore la construction du barrage Urrá I et les violations des droits de l’homme qui l’ont accompagné. Il affirme que la construction du barrage Urrá II condamnera le peuple Embera Katío à l’extinction. Il rappelle l’engagement en 2000 et 2005 du gouvernement à ne pas construire le barrage Urrá II et en appelle au respect de la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail. Les demandes se résument comme suit :

  • La non construction du méga barrage Urrá II ou Projet rió Sinú,
  • La démilitarisation de la Resguardo, le retrait de tous les groupes armés et le respect du territoire comme zone de paix, exempte de toute opération militaire, avec le soutien international.
  • Que le gouvernement national assure l’application effective des droits à la vie, au territoire, à la souveraineté et à la sécurité alimentaire ainsi que qu’à la santé environnementale des communautés autochtones, des paysans et des pêcheurs du Haut et du Bas Sinú.

Envoyez un courrier électronique

Cliquez sur ce lien, votre client de courrier électronique devrait vous ouvrir le message prêt à envoyer. N'hésitez pas à modifier l'objet du message pour plus d'impact.

Si le lien ne fonctionne pas :

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Excmo. Sr. Presidente Uribe,

Las organizaciones y personas que firmamos la presente carta somos acompañantes solidarios y seguidores de las reivindicaciones por los derechos humanos de los Pueblos Indígenas de Colombia y en particular del Pueblo Embera Katío del Alto Sinú que habita en el Resguardo Indígena del mismo nombre en el departamento de Córdoba.

Como es de amplio conocimiento el Pueblo Embera Katío del Alto Sinú ha sido sometido a innumerables violaciones de sus derechos humanos desde 1993, año en que se inició la construcción de la Represa Urrá I y su posterior llenado en el año 2000.

A esto se añade el peligro que para este pueblo representa la posible construcción del mega proyecto Urrá II o proyecto río Sinú, el cual proyectaría inundar una extensión de 50.000 hectáreas aproximadamente, y que abarcaría 3 de sus principales ríos. Con ello, el Pueblo Embera Katío del Alto Sinú sería condenado a su exterminio como pueblo y como cultura, ya que el mencionado megaproyecto afectaría todo su territorio desde el punto de vista ambiental y sociocultural, obligándolos al desplazamiento. Con la extinción cultural del Pueblo Embera Katío del Alto Sinú, Colombia y el mundo perderían una cultura, una lengua, una cosmovisión y unos conocimientos ancestrales.

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Envoyer des courriers papier

Vous pouvez en faire plus et envoyer un courrier papier aux autorités brésiliennes. Imprimez les courriers ci-dessous, signez-les et envoyez-les à l'adresse indiquées dans l'entête

  • Président de la République, Álvaro Uribe Vélez : PDF - ODT - DOC
  • Vice-Président de la République, Francisco Santos : PDF - ODT - DOC
  • Programme Présidentiel pour les Droits de l’Homme et le Droit International Humanitaire : PDF - ODT - DOC
  • Ministère de l’Intérieur et de la Justice : PDF - ODT - DOC
  • Ministère de la Défense Nationale : PDF - ODT - DOC
  • Ministère de l’Environnement, du Logement et du Développement territorial : PDF - ODT - DOC
  • Ministère des Relations Extérieures : PDF - ODT - DOC
  • Procureur Général de la Nation : PDF - ODT - DOC
  • Défenseur du Peuple au niveau national : PDF - ODT - DOC

Suivi de campagne

Colombie : la justice redonne espoir au peuple Embera

Janvier 2012. Une bonne nouvelle pour le peuple Embera Katío qui lutte pour la défense de ses droits et cherche à empêcher la construction d’un deuxième barrage sur leur territoire  : Alfredo Sonalo Berrio, le président de l’entreprise Urrá S.A. E.S.P qui avait construit le barrage UrrávI sur le territoire Embera, a été condamné à 5 jours de détention par le tribunal supérieur de Córdoba pour non paiement des indemnités dûes au peuple Embera.

Cette peine sanctionne la non application par l’entreprise Urrá de la sentence de tutelle (action juridique visant à protéger les droits humains fondamentaux) qui ordonnait le paiement de l’indemnisation établie par la cour constitutionnelle au peuple Embera Katío du Haut Sinú, suite aux dommages causés sur son territoire par le barrage Urrá  : “que la chaîne d’entreprise Urrá S.A. indemnise le peuple Embera Katío du Haut Sinú, au moins dans une proportion qui garantit sa survie physique alors que le peuple Embera est déjà victime des changements culturels, sociaux et économiques auxquels il ne peut plus échapper ; ces faits étant la conséquence de la négation du droit de consultation du peuple Embera par les commanditaires du projet et l’Etat, qui avaient ainsi consciemment violé la constitution et la loi en vigueur.

L’entreprise Urrá et le peuple Embera doivent se mettre d’accord sur le montant des indemnités que la firme devra payer. Si les deux parties ne se sont pas mises d’accord sur un montant dans les 6 mois qui suivent ce verdict, le peuple Embera devra introduire une procédure auprès du tribunal supérieur du district judicaire de Córdoba. Dans ce cas, le montant des indemnités serait équivalent à “la somme qui correspond à un subside alimentaire et de transport, que payera la firme propriétaire du projet à chacun des membre du peuple indigène durant les prochaines quinze années afin de garantir la survie physique de ce peuple, jusqu’à ce qu’il adapte ses us et coutumes aux modifications culturelles, économiques et politiques causées par la construction du barrage hydro électrique sans que les Embera ne fussent consultés, et ce jusqu’à ce qu’ils puissent éduquer la prochaine génération pour assurer que cette culture ne disparaisse pas à moyen terme.”

Dès le montant des indemnités convenu, il sera procédé à la création d’un fonds pour l’indemnisation et la compensation des effets de la construction du barrage. Celui-ci sera administré selon le principe du fidéicommis, les autorités de chaque communauté percevant mensuellement un montant proportionnel au nombre d’habitants qu’elle comporte (Veguidó, Cachichí, Widó, Karacaradó, Junkaradó, Kanyidó, Amborromia, Mongaratatadó, Zambudó, Koredó, Capupudó, Chángarra, Quiparadó, Antadó, Tundó, Pawarandó, Arizá, Porremia y Zorandó).
Malgré ce verdict, l’entreprise Urrá continue de défier la justice et insiste pour ne pas payer la totalité des montants dûs à nos communautés indigènes.
Pueblo Embera Katío del Alto Sinú

Note : Empresa Urrá S.A. E.S.P; est l’entreprise qui a construit le barrage Urrá I qui a inondé une partie du territoire du peuple Embera Katio du Haut sinu, et ce sans sa consultation préalable et obligatoire, inondation qui a causé un dommage profond au territoire, aux coutumes, à la culture, à a santé, à la sécurité alimentaire et a mis en danger l’existence même de ce peuple. Au début de la construction de ce barrage, plus d’une dizaine de leaders et membres de la communauté, porte-paroles du ressenti de leur peuple, furent également assassinés, semble-t-il par des groupes paramilitaires.